ECONOMIE BASSIN HOUILLER - Cokerie de Carling : le repreneur renonce !

Publié le 17/08/2009
Le repreneur potentiel de la cokerie de Carling, le sidérurgiste belge Duferco a annoncé hier qu'il renonçait à son offre. Cokes de Carling et son actionnaire sarrois Rogesa n'ont plus que trois semaines pour sauver le site.
ECONOMIE BASSIN HOUILLER - Cokerie de Carling : le repreneur renonce !
ECONOMIE BASSIN HOUILLER - Cokerie de Carling : le repreneur renonce !
Le repreneur potentiel de la cokerie de Carling, le sidérurgiste belge Duferco a annoncé hier qu'il renonçait à son offre. Cokes de Carling et son actionnaire sarrois Rogesa n'ont plus que trois semaines pour sauver le site.

On ne peut pas se voiler la face. Trouver un repreneur en trois semaines sera très difficile surtout avec cette conjoncture.» Jean-Jacques Bour, de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-FO-CFE/CGC n’a pas caché lors de sa prise de parole hier devant le personnel de la cokerie, que l’avenir du site allait brusquement s’assombrir un peu plus. Dans la matinée le PDG Michel Escoin avait annoncé aux représentants du personnel le renoncement du sidérurgiste belge Duferco, avec lequel Cokes de Carling était en discussion très avancée depuis près d’un mois pour une reprise du site. Hélas, de source syndicale, l’industriel belgo-italien renonce car il est déjà largement en surcapacité et n’envisage pas de redémarrer son haut-fourneau avant début 2010. Et surtout il ne compte pas se séparer de son fournisseur actuel, un Russe qui figure également au sein de l’actionnariat du groupe. Le patron de Cokes de Carling ne veut pourtant pas renoncer. Selon les syndicats il aurait confirmé qu’il restait encore une douzaine de contacts, malheureusement aucun n’est issu du périmètre le plus proche en Europe. «Il y aurait des Chinois, des Indiens, des Brésiliens, mais on ne comprend pas trop quel pourrait être leur projet industriel à Carling » se demande Jean-Jacques Bour qui comme sa direction constate que la conjoncture sur le marché du coke reste très déprimée. De fait même côté sarrois, aux Aciéries de Dilling comme chez Saarstahl, les deux actionnaires de Rogesa, le carnet de commandes est à son plus bas.

Ralenti

Le chômage partiel est de rigueur pour le personnel. «Et Rogesa qui disposerait actuellement de près d’une année de stock, laisse clairement entendre que s’il n’y a pas de repreneur au 1er septembre il engagera très rapidement l’arrêt de la cokerie » ajoute le syndicaliste. Auquel cas serait lancé un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui menacerait directement l’emploi de 165 employés, les derniers embauchés, sachant que les 230 détachés des anciennes HBL seraient pris en charge par l’ANGDM (agence nationale pour la garantie des droits des mineurs). Quelque 44 intérimaires et l’équivalent plus de 200 emplois de sous-traitance seraient aussi touchés. A Carling on tourne actuellement au ralenti, au minimum technique à moins de 1 200 t par jour, deux batteries de four sont en veilleuse, et les stocks accumulés à Saint-Avold (plus de 400 000 t) sont actuellement transférés en Sarre chez Rogesa. Mardi prochain Cokes de Carling convoque un comité d’établissement extraordinaire au cours duquel le cabinet d’expertise Secafi présente un état de lieux sur le marché du coke.

Bernard KRATZ. 
Publié le 08/08/2009 (France et Monde)