ECONOMIE CARLING - Deux petites touches d'espoir pour sauver la cokerie

Publié le 22/08/2009
A dix jours de l'expiration du délai pour sauver la cokerie de Carling, la direction annonce encore deux contacts avec des industriels pour la reprise du site. Le personnel s'impatiente.
ECONOMIE CARLING - Deux petites touches d'espoir pour sauver la cokerie
ECONOMIE CARLING - Deux petites touches d'espoir pour sauver la cokerie
A dix jours de l'expiration du délai pour sauver la cokerie de Carling, la direction annonce encore deux contacts avec des industriels pour la reprise du site. Le personnel s'impatiente.

Ambiance morose, hier, chez les syndicalistes et salariés de la cokerie de Carling.
Ambiance morose, hier, chez les syndicalistes et salariés de la cokerie de Carling.

Vers 17 h, hier après-midi, deux cadres d’origine indienne sortent du bâtiment de la cokerie de Carling, accompagnés d’Yves Herrmann, le directeur des cokeries de Rogesa, l’actionnaire sarrois de Cokes de Carling. Ils sont souriants. «Ils appartiennent à un groupe industriel. Ils sont là depuis deux jours et épluchent tout », glisse le directeur.
Un peu plus loin, quatre représentants de l’intersyndicale CGT-CFDT-FO-CFE/CGC-CFTC observent le va-et-vient dans l’usine et commentent le comité d’entreprise extraordinaire de la matinée. La cokerie de Carling connaît une effervescence inhabituelle. «On est dans l’expectative la plus totale, la direction ne veut rien dire de concret. Le personnel s’impatiente. Toute cette confidentialité commence à nous peser, à une semaine de l’échéance », confient les syndicalistes.

Contacts intéressants

Depuis la fin du CE, les spéculations vont bon train sur le site. Les salariés veulent tout de même encore croire à ce repreneur de la dernière chance. «Ces ingénieurs indiens venus deux jours ici, ce n’est quand même pas pour rien ! », insiste Jean-Jacques Bour, de l’intersyndicale. Mais pour quel projet industriel ?
Michel Escoin s’y connaît pour garder la maîtrise de cette dernière ligne droite au cours de laquelle la vieille usine joue sa vie et surtout l’avenir de quelque 400 emplois. «Ce qui me remue les tripes, c’est le sort de ces jeunes que j’ai embauchés », lâche le le PDG de Cokes de Carling. «Je veux rester prudent. Je souhaite que le climat de paix sociale perdure. Nous avons effectivement deux touches, deux contacts, qui pourraient se révéler intéressants », explique Michel Escoin.
Dans son rapport d’expertise, Secafi estimait à 400 000 tonnes le potentiel de la demande de coke dans un large périmètre européen. Le déplacement récent de Paul Belche, président de la Dillinger Hütte, et cogérant avec Michel Escoin de Rogesa à l’étranger, interpelle le personnel. «Ce n’est sûrement pas en Europe qu’ils sont allés », estiment les syndicats. «Nous travaillons en étroite collaboration avec les personnels de Carling », rappelle Ute Engel, porte-parole des Aciéries de Dilling. Autre signe qui entretient l’espoir : «Si on lance début septembre la procédure d’un plan de sauvegarde de l’emploi, on ne ferme pas pour autant la porte d’un éventuel repreneur », ajoute Michel Escoin. Ce dernier imaginerait bien un autre bail de cinq ans avec un nouvel actionnaire. 

Bernard KRATZ.
Publié le 22/08/2009 (France et Monde)