ECONOMIE - CE extraordinaire jeudi à la cokerie de carling - Vers une fermeture annoncée

Publié le 01/09/2009
Du côté de Carling si l'on parle toujours et encore de négociations autour d'un éventuel repreneur de la cokerie, un CE extraordinaire ce jeudi abordera un plan de sauvegarde de l'emploi.
ECONOMIE - CE extraordinaire jeudi à la cokerie de carling - Vers une fermeture annoncée
ECONOMIE - CE extraordinaire jeudi à la cokerie de carling - Vers une fermeture annoncée
Du côté de Carling si l'on parle toujours et encore de négociations autour d'un éventuel repreneur de la cokerie, un CE extraordinaire ce jeudi abordera un plan de sauvegarde de l'emploi.

Le CE extraordinaire de jeudi devrait décider du sort des 400 personnes travaillant   à la cokerie de Carling.
Le CE extraordinaire de jeudi devrait décider du sort des 400 personnes travaillant à la cokerie de Carling.

 

On est toujours dans l’attente. On nous dit qu’il y a encore des négociations avec des repreneurs, mais dans le même temps on programme un CE pour fermer la cokerie. La date butoir de l’actionnaire Rogesa c’est aujourd’hui. C’est une situation impossible.» Jean-Jaques Bour de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC-CFTC-FO est visiblement excédé comme l’est le personnel de la cokerie de Carling. Aujourd’hui 1er septembre intervient la date butoir imposée par le sidérurgiste sarrois Rogesa pour décider du sort de l’usine qui emploie encore 400 personnes. L’actionnaire, ne pouvant plus se permettre d’amonceler et d’immobiliser des tonnes de coke inutilisé sur ses sites de Dilling, pousse la société Cokes de Carling, sa filiale française, à lancer la procédure de fermeture de l’établissement. Ce jeudi est convoqué un comité d’entreprise extraordinaire qui programme les conditions d’un plan de sauvegarde de l’emploi (Livre IV du code du travail) et des projets de licenciement économique (dispositions du Livre III) qui concernera les 160 derniers embauchés et quelque 33 intérimaires, les 235 détachés des anciennes houillères étant pris en charge par l’ANGDM (agence de garantie des droits des mineurs).

Discussions avec des repreneurs

Après avoir soufflé le froid, la direction semble distiller, par petites touches, le mince espoir d’une reprise du site. Elle laisse ainsi entendre que des négociations sont toujours en cours. «Nous sommes fortement impliqués dans les négociations qui se poursuivent », indique, succinctement, un porte-parole du cogérant de Rogesa. A Carling, aucune information ne filtre si ce n’est que les visiteurs d’une société indienne, présents les 20 et 21 août derniers, sont revenus une semaine plus tard sur le site. A l’évidence, un repreneur d’origine asiatique ne pourrait s’intéresser à Carling qu’à la condition de disposer de perspectives d’écoulement de coke, sur un site pas trop éloigné, vraisemblablement en Europe. Mais, ces discussions se prolongent sous le sceau de la confidentialité. En attendant, Michel Escoin, le PDG de Cokes de Carling, avait annoncé (RL du 22 août) que le lancement de la procédure du PSE ne fermait pas la porte à un éventuel repreneur. «Qu’est-ce que ça veut dire ? On nous fait miroiter un repreneur et on fait le PSE », s’interroge le représentant du personnel. L’incertitude devient de plus en plus pesante pour les gens de Cokes de Carling. Ils aimeraient savoir à quelle sauce on veut les accommoder. Une fermeture définitive, lourde de conséquences avec un plan de sauvegarde de l’emploi à la hauteur du travail qu’ils ont accompli accompagné d’une convention de revitalisation du secteur que ne manqueront pas de réclamer les pouvoirs publics ? Ou une reprise du site avec à la clé un projet industriel solide qui relance l’usine dont le potentiel n’est plus à démontrer. Le comité de pilotage, autour de la cokerie que préside le préfet, aura du pain sur la planche ce vendredi pour sa troisième réunion.

Bernard KRATZ.
Publié le 01/09/2009 (France et Monde)