ECONOMIE CHIMIE : PENURIE D'ETHYLENE : CARLING TOUCHEE A SON TOUR

Publié le 10/09/2009
Après trois jours d'arrêt forcé, l'usine Ineos de Sarralbe va pouvoir redémarrer. Mais le manque d'éthylène affecte à son tour la plate-forme chimique de Carling, contrainte d'arrêter plusieurs ateliers.
ECONOMIE CHIMIE : PENURIE D'ETHYLENE : CARLING TOUCHEE A SON TOUR
ECONOMIE CHIMIE : PENURIE D'ETHYLENE : CARLING TOUCHEE A SON TOUR
Après trois jours d'arrêt forcé, l'usine Ineos de Sarralbe va pouvoir redémarrer. Mais le manque d'éthylène affecte à son tour la plate-forme chimique de Carling, contrainte d'arrêter plusieurs ateliers.

«Seul l'atelier polystyrène, approvisonné par wagons, fonctionne», témoigne Aldo Scalzo.

L’explosion du surchauffeur du dernier vapocraqueur en activité à Carling, le 15 juillet dernier, a brutalement stoppé la production d’éthylène en Lorraine, matière première indispensable aux lignes de production de plusieurs ateliers de la plate-forme carlingeoise mais aussi d’Ineos, à Sarralbe. Pour ces deux usines, la solution de secours a consisté à s’alimenter en éthylène depuis les sites Feyzin, près de Lyon, et surtout de Lavéra, dans les Bouches-du-Rhône. Mais le 5 septembre, un incident technique a aussi frappé le vapo de Lavéra, mis d’office à l’arrêt. Résultat : déjà rare, l’éthylène, uniquement transportable par pipeline, est aujourd’hui un produit quasi-introuvable sur toute la façade Est de la France.

Les installations d’Ineos Sarralbe sont à l’arrêt depuis trois jours (lire nos précédentes éditions). A Carling, les conséquences sont les mêmes. La dernière ligne de polyéthylène en activité vient de s’arrêter chez Total Petrochemicals. Vapo, clarificateur, aromatiques sont également au point mort. «La plate-forme est quasiment paralysée. Seul le polystyrène peut tourner, car nous sommes alimentés par wagons depuis la Normandie », témoigne Aldo Scalzo, secrétaire du comité d’entreprise de Total Petrochemicals.
Faire le point sur les enquêtes en cours
Les délégués de la CFDT et de la CGT ont écrit au directeur de l’usine Total de Carling, Claude Lebeau, afin de réclamer la tenue d’un CE extraordinaire. Face à cette pénurie d’éthylène, ils veulent des informations sur les conséquences pour les unités de Carling. Pour les syndicats, ce CE devrait aussi être l’occasion de faire le point sur les différentes enquêtes en cours et les conséquences économiques concernant l’accident qui a coûté la vie à deux ouvriers cet été à Carling. «Un CE aura lieu le 24 septembre, répond-t-on au service communication de Total Petrochemicals Carling, les aspects économiques et sociaux ainsi que les travaux de réparation sur le vapo endommagé seront à l’ordre du jour. Pour le moment, nous n’avons pas eu recours au chômage partiel et ce n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. » La direction de l’usine mosellane estime d’autre part que l’impact de l’incident de Lavéra est «minime » sur Carling.
Stéphane MAZZUCOTELLI.
Publié le 10/09/2009 – France et Monde