ECONOMIE CHIMIE : TOTAL PETROCHEMICALS VA ENCORE RESTRUCTURER

Publié le 27/02/2009
Déjà frappé par un plan de suppression d'emplois depuis 2006, et donc très fragilisé, le site Carling sera-t-il encore touché cette fois-ci ?
ECONOMIE CHIMIE : TOTAL PETROCHEMICALS VA ENCORE RESTRUCTURER
ECONOMIE CHIMIE : TOTAL PETROCHEMICALS VA ENCORE RESTRUCTURER
Déjà frappé par un plan de suppression d'emplois depuis 2006, et donc très fragilisé, le site Carling sera-t-il encore touché cette fois-ci ?

Les organisations syndicales ont été convoquées pour le 10 mars, à Paris, afin de se faire présenter un plan de consolidation de Total Petrochemicals France. A l’usine de Carling, on craint de nouvelles fermetures d’ateliers.

Le cynisme économique n’a plus de limites. Quelques jours à peine après l’annonce de bénéfices records pour son groupe (13,92 milliards d’euros), Christophe de Margerie, PdG de Total, laisse le soin à ses directeurs de filiales de présenter les projets de fermetures et de suppressions de postes. Le mardi 10 mars, à Paris, il ne sera plus question de profits mais de plan de cessations d’activité chez le géant du pétrole et de la chimie.

En effet, hier, la direction générale de Total Petrochemicals France (TPF) a informé les délégués syndicaux centraux qu’un comité central d’entreprise extraordinaire n°0 sera organisé le 10 mars à Paris. L’ordre du jour donné aux syndicats est des plus laconiques : plan de consolidation de TPF. Pour tous les syndicats, il ne peut que s’agir «d’annoncer un nouveau plan de restructuration des activités de TPF avec des cessations d’activités, des fermetures d’ateliers et des suppressions d’emplois.» « Les usines de Carling Saint-Avold, de Gonfreville (Seine-Maritime) et de Notre-Dame de Gravenchon (Seine-Maritime) seront sûrement concernées », estime Khalid Benhammou (CGC).
Déjà fragilisée
Contactés hier, les membres de la CGC, la CFDT et la CGT de Carling restent très prudents dans leurs déclarations car ils n’ont pas obtenu davantage de précisions sur le contenu de cette importante réunion du 10 mars. La direction générale et, à plus forte raison, la direction locale observent le plus grand mutisme. «Lorsque vous donnez le n°0 à un comité central, vous n’êtes pas tenus de livrer davantage de précision. Tous les documents seront remis aux syndicats le 10 mars. Cela ménage le suspense et constitue surtout une façon d’éviter tout mouvement de protestation avant la réunion. On va tenter d’aller à la pêche aux infos toute la semaine », témoigne un délégué syndical. Un autre poursuit : «De toute façon, lorsqu’on est convoqués de cette façon, ce n’est jamais pour nous annoncer de bonnes nouvelles ».
En tout cas, l’inquiétude est grande. Surtout à Carling où la plate-forme chimique a déjà tremblé sur ses bases en septembre 2006 et s’est considérablement fragilisée suite à un projet de 243 suppressions d’emplois, de fermeture du vapocraqueur et de l’atelier styrène. Si le site devait, de nouveau, être la principale cible de ce plan de consolidation, son avenir serait fortement compromis. Alain Bernard (CFDT) préfère positiver : «
Peut-être qu’on va nous annoncer la consolidation d’une filière de production pour devenir pôle de référence. La rumeur dit que Carling serait moins affecté cette fois-ci. Je l’espère en tout cas ». Aldo Scalzo (CGT) ne peut néanmoins s’empêcher de craindre le pire : «Nous avons de fortes Inquiétudes pour le clarificateur, l’atelier qui traite le naphta avant son entrée dans le vapocraqueur et pour le polyéthylène (PE). Nous craignons que le bras de fer avec Ineos débouche sur cette décision d’arrêter le PE de Carling pour pouvoir livrer l’usine d’Ineos Sarralbe ». Mais tout cela reste des suppositions. Il faut désormais attendre le 10 mars. La peur au ventre.
Stéphane Mazzucotelli.
Publié le 27/02/2009 – St Avold