Économie : L'espoir renaît à Florange

Publié le 16/02/2010
FLORANGE. Mis en arrêt il y a déjà 18 mois en raison d'une baisse de la demande d'acier, le second haut-fourneau de Florange, le P3, devrait cracher ses premières coulées de fonte en fusion dans quelques jours.
Économie : L'espoir renaît à Florange
Économie : L'espoir renaît à Florange
FLORANGE. Mis en arrêt il y a déjà 18 mois en raison d'une baisse de la demande d'acier, le second haut-fourneau de Florange, le P3, devrait cracher ses premières coulées de fonte en fusion dans quelques jours.

Mardi 16 Février 2010, © L'Est Républicain / REGION-LORRAINE / RÉGION
 

Le redémarrage progressif du second haut-fourneau rassure les sidérurgistes.
Le site d'ArcelorMittal à Florange.
Le redémarrage d'une telle installation ne s'improvise pas. Cette opération demande de la méthode, de la rigueur et nécessite beaucoup de temps. « Ce n'est pas comme un ordi qu'on allume, il n'y a pas de bouton on off, plaisante Jacques Minet, secrétaire adjoint de la section CFDT. C'est assez compliqué».
En fait, voilà déjà plusieurs semaines que des dizaines et des dizaines de salariés s'affairent autour du P3. Il y a là des employés d'ArcelorMittal mais aussi une équipe d'Espagnols qui connaît la procédure sur le bout des doigts.
« Il a fallu réaliser de gros travaux, le haut-fourneau était littéralement mort, explique Jean-Marie Steube, il ne dégageait ni chaleur, ni bruit, c'était un peu étrange de passer à côté. Les gars ont bossé en 3X8 pour le remettre en fonction. Cela devait commencer samedi mais à cause du gel, on n'a pas pu. On a carotté le bas pour faire passer une torche. Ensuite, tout va monter en température. Les premières coulées ne pourront pas être exploitées, elles renfermeront trop d'impuretés».
Didier Coletti, secrétaire CFDT a fait ses comptes. « L'arrêt et le redémarrage d'un haut-fourneau peuvent être évalués à 1million d'euros, assure-t-il, le problème, c'est qu'on a perdu pas mal de compétences avec les copains qui ont quitté la boîte dans le cadre des départs volontaires».
A la maison des syndicats de Florange, on se félicite du redémarrage mais on n'oublie pas que les négociations salariales annuelles n'ont pas satisfait toutes les centrales.
« On est monté au créneau en intersyndicale, détaille Didier Coletti, nous, on réclamait 3,5 % d'augmentation générale, une augmentation individuelle de 1,5 % et une prime de 400 € . Résultat, on a obtenu 1 % en deux fois, une augmentation individuelle de 1,3 % et 100 € de prime. La CGT et la CFDT n'ont pas signé. Mais comme FO, la CFE-CGC et la CFTC ont ratifié, cet accord est appliqué».

« Dans le bon sens»


D'un point de vue industriel, « les choses vont néanmoins dans le bon sens», avouent les responsables CFDT. « Toute la région vit au rythme d'ArcelorMittal, alors c'est certain que cette nouvelle est. N'oublions pas qu'à un moment, on avait peur que les hauts-fourneaux ne soient jamais réactivés. On sent que l'espoir renaît, même chez les commerçants».
Et de source syndicale, on murmure que la direction locale pourrait rapidement procéder à des embauches en CDI, même si personne n'ose avancer de chiffre précis.
Croisons les doigts.
dcampistron
@estrepublicain.fr


 

Dominique CAMPISTRON