ÉCONOMIE zone du gros-hêtre - Eles France : on ferme aussi

Publié le 07/11/2009
Après les suppressions massives d'emplois dans la chimie et l'arrêt de la cokerie, l'usine Eles France de Saint-Avold va disparaître à son tour. Les négociations sociales débutent aujourd'hui. 35 personnes vont se retrouver sans emploi.
ÉCONOMIE zone du gros-hêtre - Eles France : on ferme aussi
ÉCONOMIE zone du gros-hêtre - Eles France : on ferme aussi
Après les suppressions massives d'emplois dans la chimie et l'arrêt de la cokerie, l'usine Eles France de Saint-Avold va disparaître à son tour. Les négociations sociales débutent aujourd'hui. 35 personnes vont se retrouver sans emploi.

En 1999, l'usine Eles France de Saint-Avold produisait 400 000 réservoirs de système de freinage de camions par an. Mais l'activité n'a pas cessé de chuter durant la décennie 2000. La fermeture sera pour début 2010. (Photo archives RL)
En 1999, l'usine Eles France de Saint-Avold produisait 400 000 réservoirs de système de freinage de camions par an. Mais l'activité n'a pas cessé de chuter durant la décennie 2000. La fermeture sera pour début 2010. (Photo archives RL)

Nouvelle déconvenue pour l’économie locale. La semaine dernière, les 35 derniers salariés d’Eles France Saint-Avold ont appris que la direction du groupe Frauenthal, auquel leur usine appartient, a pour projet de fermer complètement ce site de la zone du Gros-Hêtre pour le printemps prochain. Dès aujourd’hui s’ouvrent les négociations du plan social qui accompagnera cette fermeture. Les salariés, représentés par des délégués de la CGT, de la CFTC et de la CFDT, vont essentiellement se battre pour obtenir une prime supra-légale suffisamment décente, avant de se retrouver sans travail. Les syndicats et les ouvriers réclament 1 100 € par année d’ancienneté. La direction d’Eles France a, pour l’instant, proposé 550 €. De source syndicale, les offres de reclassement sur des sites de Douai dans le Nord (au nombre de sept seulement) ou, pire, en Allemagne de l’Est ne devraient pas trouver preneurs, les gens d’Eles France étant essentiellement des personnes installées en Moselle-Est avec leur famille depuis trop longtemps pour envisager de tout quitter comme ça.

130 salariés dans les années 90

«Notre usine existe depuis 1975 à Saint-Avold. C’est un savoir-faire qui disparaît. Les salariés sont plutôt dégoûtés », constate, déçu, Sylvain Pawlak, délégué CGT. Eles France est un sous-traitant de l’industrie du poids lourd, spécialiste de la fabrication de réservoirs de système de freinage. En dernier lieu, l’usine de Saint-Avold produisait également des barres stabilisatrices. «Dans les années 90, nous avons été plus de 130 à travailler sur trois postes. Mais les choses ont commencé à se gâter au début des années 2000. Les menaces de fermeture étaient constantes de la part de la direction. Il y a quatre mois, nous étions encore 70 et un plan social avait déjà été mené. La direction nous dit que les commandes sont au plus bas, on met cette fermeture sur le dos de la crise. Mais je crois que la direction a surtout voulu privilégier son site en Allemagne de l’Est, où est basculée toute la production de réservoirs », estime Sylvain Pawlak. Quelles sont les échéances désormais ? Selon les syndicats, la direction a bien l’intention de stopper la fabrication de réservoirs dès le mois de décembre pour tout transférer en Allemagne de l’Est. La production de barres stabilisatrices devrait subsister jusqu’au printemps prochain au maximum pour être ensuite centralisée sur le site de Douai. A ce jour, la production est au ralenti à Saint-Avold. Sur la zone du Gros-Hêtre, les ateliers ne fonctionnent que sur le poste du matin actuellement.

Stéphane Mazzucotelli.
Publié le 06/11/2009 (Saint-Avold)