Et si la prochaine fermeture était pour Florange ?

Publié le 14/10/2011
L'arrêt de la filière liquide chaude de Liège a été décidé par ArcelorMittal le 12 octobre. En Lorraine, on s'inquiète. La prochaine unité concernée pourrait être celle de Florange. À moins de bénéficier d'un répit.
Et si la prochaine fermeture était pour Florange ?
Et si la prochaine fermeture était pour Florange ?
L'arrêt de la filière liquide chaude de Liège a été décidé par ArcelorMittal le 12 octobre. En Lorraine, on s'inquiète. La prochaine unité concernée pourrait être celle de Florange. À moins de bénéficier d'un répit.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 14 Octobre 2011 / Région /

 

 

Après l'arrêt de la filière liquide chaude à Liège, les syndicalistes et les salariés craignent que le site d'Hayange-Florange soit le prochain à être fermé par ArcelorMittal. Photo archives RL

Là, franchement, c'est clair. On peut avoir peur que Mittal s'en prenne maintenant à Florange. Il y a deux jours, il parlait d'arrêt provisoire à Liège et signait même un accord pour embaucher des gens. Et d'un coup, il ferme. C'est du cynisme. On ne peut plus avoir confiance. Il n'a pas de parole ! »
LE FAIT DU JOUR

Edouard Martin, l'élu CFDT du CCE (Comité central européen) du groupe ArcelorMittal est très remonté. Sa colère est au diapason des sidérurgistes belges, proportionnelle à l'immense espoir qu'avait suscité la relance du haut fourneau de Liège, en 2006, alors que Mittal venait de réussir son OPA (Offre publique d'achat) sur Arcelor. A Liège, il y a cinq ans, on s'était préparé à l'arrêt de la filière liquide programmé par Arcelor deux ans plutôt. Le plan de sauvegarde de l'emploi y était même déjà engagé. « C'était l'outil le moins compétitif », rappelle Jean-Louis Pierquin, ancien cadre d'Arcelor. De fait, « Liège a une configuration compliquée avec un éloignement des hauts fourneaux et de l'aciérie », souligne Bernard Serin, un ancien d'Usinor aujourd'hui patron de CMI Cockerill à Liège. Tous deux n'ont pas été surpris de voir Mittal prendre cette décision (lire RL d'hier). « I l réduit ses capacités pour faire face au ralentissement du marché de l'acier en Europe. Et Liège était en première ligne pour l'arrêt de sa phase liquide à ch aud », ajoute M. Pierquin qui relève que Florange était bien l'unité suivante sur la liste dans le programme Apollo d'Arcelor en 2004. Alors que sur les rives de la Meuse on espère un repreneur, Bernard Serin confirme qu'il s'agit « d'un coup dur pour cette industrie. Néanmoins, dit-il, l 'activité à froid du site reste performante et cette région a engagé sa reconversion vers de nouvelles activités. »

Mais il y a Ulcos

Pour la CGT, qui apporte, comme l'ensemble des syndicats lorrains, son soutien aux sidérurgistes belges, cette stratégie de Mittal vise « à délocaliser la production d'aciers vers d'autres continents où la productivité est plus profitable ». La CFE/CGC ne veut pas noircir le tableau. « Florange n'est pas dans la même configuration. On y produit des aciers techniques. Il s'agit d'un site d'ajustement. Nous avons plus de crainte pour le packaging que pour la filière liquide. Et puis, le groupe a tout de même investi 25 MEUR sur Florange », ajoute Henri Botella élu au CCE de la CFE/CGC. Jean-Louis Pierquin voit mal, lui aussi, Mittal fermer coup sur coup deux sites de cette importance en Europe. « Cela poserait outre le problème social un problème technique d'approvisionnement et de coût à partir des usines de Dunkerque et de Gand. » Là aussi, il faut, selon Bernard Serin, « espérer que la conjoncture ne s'effondre pas en Europe pour éviter de nouveaux arrêts d'installations. Florange serait alors en première ligne. » Et puis, il y a Ulcos. « C'est une formidable opportunité. Une vitrine technologique, un laboratoire pour toute la sidérurgie. Mais pour ça, il faudra l'octroi des aides publiques », remarque le PDG de CMI. « Ulcos est peut-être le petit grain dans les rouages qui empêchera l'arrêt du chaud à Florange », ajoute Jean-Louis Pierquin.

Textes : Bernard KRATZ.