Florange dans l'expectative

Publié le 29/08/2012
La rentrée syndicale a été houleuse, hier chez ArcelorMittal Florange, alors que le site est toujoursdans l'incertitude sur son avenir et que différents scénarios sont à l'étude pour pérenniser l'acier lorrain
Florange dans l'expectative
Florange dans l'expectative
La rentrée syndicale a été houleuse, hier chez ArcelorMittal Florange, alors que le site est toujoursdans l'incertitude sur son avenir et que différents scénarios sont à l'étude pour pérenniser l'acier lorrain

© L'Est Républicain, Mercredi le 29 Aout 2012 / Région Lorraine + Vosges Matin

 

Selon les syndicats, des « repreneurs potentiels » se seraient déjà fait connaître à Florange.

Photo d'archives Alexandre MARCHI

Florange. C'est un « couac » lors d'un comité d'entreprise ordinaire qui a sonné l'heure de la rentrée syndicale chez les métallos de Florange.

Alors qu'un article annonçait hier dans la presse « les premiers essais de la production d'Usibor », -- acier haut de gamme, fleuron de la sidérurgie lorraine -- àFlorange après que Mittal a « investi 10 MEUR pour produire l'Usibor ». Une « bonne nouvelle » désavouée en CE, selon l'intersyndicale CFDT, CGT, FO. « La direction a affirmé que l'investissement dans l'équipement d'une soudeuse à laser pour la production d'Usibor n'est qu'en phase d'étude » déplorait en milieu de journée Frédéric Weber de la CFDT.

Un second souffle venu d'Italie ?

Un investissement finalement confirmé par un communiqué du groupe ArcelorMittal dans la soirée : « ArcelorMittal Florange confirme la réalisation de l'investissement sur la ligne de galvanisation pour un montant de plus de 7 millions d'euros. Les premiers essais sur cette ligne démarrent aujourd'hui ».

Les syndicats qui « craignent dans les semaines à venir des annonces de la direction concernant les outils et les emplois », voient dans ce « couac » une tentative de « démobilisation du personnel dans un contexte où plus que jamais les salariés doivent être mobilisés ».

Édouard Martin, de la CFDT du site de Florange a récemment évoqué l'actualité industrielle italienne et plus particulièrement celle du site de production d'acier Ilva de Tarente dans le sud du pays dont la justice italienne vient d'ordonner « l'arrêt total de la production pour non-respect des normes environnementales et pollutions importantes ». La remise en état des installations pourrait, selon le syndicaliste, prendre plusieurs mois. « Pourquoi le site de Florange ne pourrait-il pas servir de solution alternative et provisoire le temps de la réfection du chaud de Tarente ? Riva (propriétaire d'Ilva) présent en Meurthe-et-Moselle à Neuves-Maisons pourrait-il accepter un partenariat industriel avec Mittal ? Je pense que oui », soulignait le syndicaliste.

« Clarifier rapidement la situation à Florange »

Ce scénario a été soumis par les syndicats au ministre du Redressement productif et appuyé par Philippe Tarillon, maire de Florange, qui a, dans un courrier au ministère, sollicité « le total soutien du ministre pour faire aboutir cette démarche ».

Le ministre Arnaud Montebourg doit en outre rencontrer très prochainement les dirigeants d'ArcelorMittal France pour « clarifier rapidement la situation du site de Florange ».

La mission initiée par François Hollande en juin dernier sur « la filière de l'acier en France et l'avenir du site de Florange » dont les conclusions ont été présentées aux syndicats et élus locaux le 27 juillet dernier a « mis en évidence les atouts du site intégré de Florange » soulignant « la nécessité d'investissements rapides et significatifs » pour préserver la compétitivité et la performance industrielle de l'aciérie lorraine.

Si le « dialogue » entre le ministre et les dirigeants d'ArcelorMittal n'aboutissait pas, le ministre a rappelé « qu'aucune hypothèse alternative ne serait exclue pour assurer la pérennité industrielle du site ».

Selon les syndicats, des « repreneurs potentiels » se seraient déjà fait connaître à Florange.

Stéphanie SCHMITT