Florange : le gouvernement va devoir s'expliquer

Publié le 03/12/2012
L'intersyndicale (CGT-CFDT-FO) sera reçue mercredi à Matignon par un Premier ministre qui devra garantir qu'ArcelorMittal tiendra bien ses engagements.
Florange : le gouvernement va devoir s'expliquer
Florange : le gouvernement va devoir s'expliquer
L'intersyndicale (CGT-CFDT-FO) sera reçue mercredi à Matignon par un Premier ministre qui devra garantir qu'ArcelorMittal tiendra bien ses engagements.

© Le Républicain Lorrain, Lundi le 03 Décembre 2012 / Région /

 

 

Le maintien en état immédiat des hauts fourneaux est l'une des prioriétés des syndicats. Photo archives RL/Anthony PICORÉ

Après la décision, les explications. La semaine qui s'ouvre sera importante pour le gouvernement et les salariés d'ArcelorMittal. Ces derniers sont particulièrement déçus de la troisième voie retenue par l'État, vendredi, au bout de dix-huit mois de conflit sur l'avenir de Florange, malgré les 180 MEUR d'investissements sur cinq ans et l'abandon du plan social. Jean-Marc Ayrault a déjà commencé son opération déminage, hier dans nos colonnes : « Je comprends les interrogations des salariés, de certains élus [...] C'est pour eux que [je] continuerai à exercer une pression sur Mittal pour qu'il respecte ses engagements. Le gouvernement veillera scrupuleusement à leur réalisation effective et utilisera tous les moyens de droit nécessaire en cas de non-respect », a expliqué le premier ministre.

Malgré tout, il devra convaincre mercredi à Paris face aux syndicats (lire ci-dessous) que ces bonnes intentions vont être suivies d'effets. Eux arriveront avec, en main, un calendrier un peu différent de celui présenté par le sidérurgiste et l'exigence d'une réunion tripartite (avec Mittal). Le rythme des investissements, le maintien en état immédiat des hauts fourneaux, le cas des sous-traitants sont parmi leurs priorités. Politiquement, Jean-Marc Ayrault devra user de tout son savoir-faire pour calmer les esprits au sein même de sa majorité, après le désaveu d'Arnaud Montebourg, qu'il a tenté d'atténuer tout au long du week-end. Delphine Batho a estimé, hier, que le ministre du Redressement productif, avait eu « un rôle particulièrement utile et décisif ».

Selon la ministre de l'Ecologie, « le contrôle public temporaire » fait toujours « partie des outils », dont dispose le gouvernement. Elle a aussi rappelé qu'elle « n'a pas confiance en Mittal [car] il n'a jamais tenu ses promesses par le passé ». Interrogée sur Ulcos (Ultra Low Carbon Dioxide Steelmaking), Delphine Batho a estimé que c'était « un bon projet ».

Ulcos : décisionle 20 décembre

La production d'acier avec captage-stockage de CO² sera justement un des enjeux des prochaines semaines. Ulcos : « C'est l'avenir d'une sidérurgie à la pointe de la technologie », a affirmé Jean-Marc Ayrault, vendredi soir, annonçant que la France pourrait aller au-delà des 150 MEUR engagés par le Grand emprunt. Le démonstrateur, qui utiliserait un des deux hauts fourneaux de Florange, est au premier rang des projets que pourrait soutenir la Commission européenne.

Une source proche du dossier a annoncé, hier, que la décision finale sur Ulcos, porté par un consortium de 48 entreprises sidérurgiques et dont le budget total dépasse 600 MEUR, interviendrait le 20 décembre prochain, après avoir été examiné, le 13 décembre par le comité pour le changement climatique. Deux bémols cependant : Connie Hedegaard, la commissaire européenne à l'Action climatique avait repoussé d'un mois, mi-novembre, l'examen des candidatures. Ensuite, ArcelorMittal a toujours traîné les pieds sur le sujet, tenant par dessus tout à ne pas lier l'avenir de de son site de Florange avec ce projet de long terme d'acier propre.

Alain MORVAN.