Florange : le P3 reprend du service

Publié le 23/01/2010
La direction d'ArcelorMittal, à Florange, confirme le redémarrage du P3, le deuxième haut fourneau. Les syndicats s'en félicitent.
Florange : le P3 reprend du service
Florange : le P3 reprend du service
La direction d'ArcelorMittal, à Florange, confirme le redémarrage du P3, le deuxième haut fourneau. Les syndicats s'en félicitent.

Le Républicain Lorrain, Samedi le 23 Janvier 2010. / Lorraine / Société 

A l'arrêt depuis le mois de novembre 2008, le haut fourneau P3, à Florange, devrait redémarrer mi-février. 

Après l'annonce du redémarrage des lignes d'électrozingage et de revêtement organique ELSA/LRO (lire RL d'hier), c'est le deuxième haut fourneau de Florange qui va être relancé. La direction d'ArcelorMittal a en effet informé les élus du comité d'établissement du redémarrage du P3, à l'arrêt depuis le mois de novembre 2008 pour des raisons conjoncturelles. L'opération est planifiée pour la mi-février, le 16 vraisemblablement, mais pourrait, selon les syndicats, n'intervenir qu'au début mars.Compte tenu de la situation du marché des brames en Europe, l'usine lorraine fonctionnera avec les deux hauts fourneaux P3 et P6 de Patural pendant une durée qui n'a pas été précisée. Elle devrait être probablement de plusieurs mois. « Au moins jusqu'en juin prochain », avance la CFE/CGC. Ce redémarrage répond à une nette reprise de l'activité. La marche à deux hauts fourneaux, comme le site n'en avait plus connu depuis l'automne 2008, devrait progressivement pousser l'usine à produire bien au-delà de 180 000 tonnes de brames par mois et approcher de sa capacité maximale au printemps, si la demande en acier, dans l'automobile notamment, perdure.Les syndicats saluent à l'unisson la reprise. Un enthousiasme qu'ils nuancent d'une inquiétude grandissante. « Avec quel effectif va-t-on travailler ? Après les départs massifs en 2009, il manque 30 % du personnel pour faire tourner correctement et en toute sécurité nos lignes de production », s'interroge la CGT, qui pose aussi la question du traitement des gaz des hauts fourneaux depuis l'arrêt de la centrale de Richemont. « On a déjà du mal à produire avec un haut fourneau, qu'est-ce que ce sera avec deux ? Il y a un véritable problème de compétences », remarque la CFDT. « L'usine à chaud est actuellement en sous-effectif. Il va falloir régler ce problème pour permettre une marche de la filière liquide à 100 %. Avec le redémarrage des lignes ELSA/LRO, la problématique des effectifs sera encore plus délicate », souligne la CFE/CGC. La direction aurait déjà annoncé qu'elle ferait appel à des intérimaires, car elle n'aurait pas obtenu le feu vert du groupe pour embaucher. De leur côté, les syndicats annoncent clairement qu'ils seront très vigilants sur les conditions de travail et la sécurité.