Florange : Sarkozy promet...

Publié le 28/02/2012
« La France ne laissera pas tomber la sidérurgie », affirme le chef de l'État. À Florange, les salariés continuent leurs actions et invitent Sarkozy à venir en Moselle avec des « engagements écrits ».
Florange : Sarkozy promet...
Florange : Sarkozy promet...
« La France ne laissera pas tomber la sidérurgie », affirme le chef de l'État. À Florange, les salariés continuent leurs actions et invitent Sarkozy à venir en Moselle avec des « engagements écrits ».

© L'Est Républicain, Mardi le 28 Février 2012 / Ouverture France-Monde

 

À Florange, les salariés ont tenté de déloger la direction de ses bureaux. Photo PQR Le Républicain Lorrain

«Menteur ! ». Les déclarations de Nicolas Sarkozy sur la radio RTL hier matin laissent les syndicats -déjà échaudés par les promesses non-tenues du chef de l'État en 2009 - sceptiques...

Alors que les salariés continuaient de mener des actions coup-de-poing hier matin à Florange, en tentant de déloger la direction du 3e étage du site, le candidat de l'UMP faisait de nouvelles promesses aux sidérurgistes sur l'antenne d'RTL. Évoquant la fermeture des hauts-fourneaux de Florange, comme une « affaire très sérieuse », il a promis que « la France ne laissera pas tomber la sidérurgie », avant d'annoncer qu'il ferait dans les prochains jours « des propositions très précises » pour le site.

Le candidat a également indiqué que selon lui, « le groupe ArcelorMittal doit faire des investissements pour qu'il puisse y avoir une reprise au 2e semestre » et que l'État était « prêt à investir 150 MEUR dans le projet européen de captation de Co2 Ulcos », projet qui doit obtenir le soutien de la Commission européenne à la fin de l'année.

À Florange, les salariés qui reprochent à la direction d'avoir essayé de remettre des gardiens à l'entrée du site pour filtrer les entrées ont tenté hier matin de déloger la direction du 3e étage du site, après avoir vidé le bureau du responsable de la sécurité.

Des salariés de Florangedétachés en Ukraine

« Nous avons déplacé le bureau du responsable de la sécurité sur le perron. On a refait le bureau à l'identique en plein air », a déclaré Jean Mangin, délégué syndical CGT au comité d'entreprise de Florange. « À présent nous sommes montés au 3e nous essayons de déloger la direction qui ne veut pas sortir », a-t-il ajouté.

Quant aux annonces de Nicolas Sarkozy, « rien de nouveau sous le soleil », selon Frédéric Weber, de la CFDT, « Nous voulons du concret. Or le financement de 150 MEUR annoncé est conditionné au financement Européen. Si Sarkozy veut venir à Florange, il a intérêt à venir avec du concret. Entre lui et nous le climat de confiance est extrêmement compromis ».

Pour Jean Mangin de la CGT, « Sarkozy est dans son élément quand il parle d'argent. Nous lui demandons de joindre les actes à la parole. Qu'il vienne ici avec des engagements écrits. Mais parler d'Ulcos, alors que les hauts-fourneaux sont à l'arrêt depuis de nombreux mois est paradoxal. Aujourd'hui le strict minimum est fait pour le maintien des installations. Incompatible avec un projet tel qu'Ulcos. Il faudrait de très rapides investissements pour pérenniser l'outil ».

Autre inquiétude pour les syndicats : des salariés de Florange ont d'ores et déjà reçu de Mittal des propositions de détachement. Certains partiront prochainement en Ukraine, notamment, pour effectuer du « soutien technique » pendant trois mois.

Un comité d'entreprise ordinaire de Florange se tient ce matin, exceptionnellement délocalisé à Metz. Nicolas Sarkozy, doit en fin de semaine rencontrer Manuel Barroso pour « parler du projet Ulcos ».

Stéphanie SCHMITT