Florange sous tension

Publié le 29/02/2012
Des manifestants ont bloqué l'accès aux bâtiments administratifs d'Arcelor hier
Florange sous tension
Florange sous tension
Des manifestants ont bloqué l'accès aux bâtiments administratifs d'Arcelor hier

© L'Est Républicain, Mercredi le 29 Février 2012 / Ouverture Région Lorraine

 

Le blocage s'est poursuivi jusqu'à 17 h 30 . Photo AFP

Florange. Une cinquantaine de métallurgistes de l'usine ArcelorMittal de Florange ont empêché hier pendant une douzaine d'heures l'accès aux bâtiments administratifs du site, un blocage jugé « inacceptable » par la direction du n° 1 mondial de l'acier qui a menacé de rompre le dialogue social.

« Plus personne ne sort, plus personne ne rentre, au moins jusqu'à ce soir », a annoncé le responsable de la CFDT, Édouard Martin, en prenant position vers 05 h 30 devant le poste de contrôle menant aux « grands bureaux » où travaillent d'ordinaire plusieurs centaines de cadres.

Dans la lumière blafarde de l'aube, les métallos ont mis le feu à un bûcher improvisé avec des pneus, des ballots de paille et des palettes de bois. Des cadres et personnels administratifs embauchant à 6 h ont été contraints de faire demi-tour par les ouvriers protestataires qui craignent une fermeture prochaine de l'aciérie employant quelque 5.000 personnes, dont 2.500 en CDI. « Il s'agit de perturber la production du site » qui est en partie pilotée depuis les « grands bureaux », a expliqué un syndicaliste.

« Inacceptable » selon la direction

Ce blocage, qui s'est poursuivi jusqu'à 17 h 30, a été jugé « inacceptable » par la direction Atlantique-Lorraine du groupe. « ArcelorMittal condamne vivement le blocage [...] par un groupe restreint de syndicalistes (qui) interdisent ainsi l'accès à leur lieu de travail aux autres salariés de l'entreprise », a jugé la direction dans un communiqué publié dans la matinée.

Tout en appelant à un « déblocage rapide des locaux » et en exprimant son « inquiétude quant à l'urgence de la situation », la direction a parallèlement menacé de rompre le dialogue social si celui-ci ne se tenait pas « dans des conditions raisonnables ».

Au même moment s'achevait à Metz un comité d'entreprise, tenu en l'absence de la CFDT, au cours duquel « les deux parties sont restées campées sur leurs positions », selon le leader FO, Walter Broccoli. À l'issue de la réunion, une délégation CGT-FO-CFE/CGC s'est rendue à la préfecture où elle a été reçue par le fonctionnaire ayant en charge la réindustrialisation.

« Le cauchemar du gouvernement »

À Florange, où quelque 200 à 300 cols blancs sont restés devant le site en dépit du blocage, Édouard Martin a estimé que Nicolas Sarkozy s'était « moqué du monde » lorsqu'il a promis lundi sur RTL 150 millions d'euros pour l'aciérie lorraine. « Cette somme, déjà promise par (le ministre de l'Industrie) Eric Besson, l'État ne va la débloquer que si la Commission européenne accorde à Florange en octobre, mais en octobre seulement, le projet Ulcos » de captage-stockage de CO2, a-t-il expliqué.

Il s'agit de la quatrième opération « coup-de-poing » en une semaine à Florange dont l'intersyndicale avait promis récemment de faire de Florange « le cauchemar du gouvernement » si les deux hauts-fourneaux de l'aciérie, en sommeil depuis plusieurs mois, n'étaient pas remis rapidement en route.