Fonderie Lorraine : oui aux dimanches, plus aux heures sup

Publié le 10/01/2012
Tous les indicateurs sont au vert chez Fonderie Lorraine, sauf les stocks. L'entreprise travaille en flux tendupour absorber une hausse régulière d'activité. Du coup, les syndicats veulent réorganiser les temps de travail.
Fonderie Lorraine : oui aux dimanches, plus aux heures sup
Fonderie Lorraine : oui aux dimanches, plus aux heures sup
Tous les indicateurs sont au vert chez Fonderie Lorraine, sauf les stocks. L'entreprise travaille en flux tendupour absorber une hausse régulière d'activité. Du coup, les syndicats veulent réorganiser les temps de travail.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 10 Janvier 2012 / SRG /

 

 

Depuisla reprise par la ZF, l'activité de Fonderie Lorraine, à Grosbliederstroff,est en hausse et ne semble pas près de baisser. CFDT et CGT veulent donc revenirà une organisation en trois postes et VSD. Photo archives RL

Qu'on se le dise une bonne fois pour toutes, la Fonderie Lorraine tourne bien. Très bien même. La ZF leur assure des commandes à foison, investit sur le site de Grosbliederstroff (14 millions d'euros prévus en 2012) et permet à la société de réaliser des embauches. « Les objectifs pour 2011 ont été tenus, explique Didier Getrey (CFDT). On atteint 374 CDI au 1er décembre, avec 140 intérimaires. » Un volume qui devrait être conservé, car les commandes sont fluctuantes et le recours à l'intérim joue le rôle de tampon. « Courant février, la direction doit présenter le nouveau planning d'embauches pour 2012. »

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? Presque... « La ZF a racheté le site de Nuremberg, qui compte environ 500 salariés et fait surtout des carters et nous plutôt les pièces intérieures. Ce n'est pas le même métier, nous ne sommes pas concurrents. » Mais cette acquisition devrait entraîner des mutualisations, notamment pour le service chargé de rechercher des clients. Du côté allemand, sans doute, alors que le site de Grosblie deviendrait « pôle technique pour fixer les tarifs de sous-traitance ». Ce qui est plutôt une bonne nouvelle.

Retour au VSD

L'entreprise connaît depuis plusieurs mois une hausse sensible de son activité. « Actuellement, on travaille en flux tendu. Les stocks sont dans le rouge. » Ce qui a contraint la direction à solliciter la préfecture pour que les salariés puissent travailler des dimanches. Demande acceptée, malgré le refus de l'inspection du travail. Cinq dimanches, pour être plus précis, avec l'aval des organisations syndicales. Mais le nombre d'heures supplémentaires ne faiblit pas et la direction veut à nouveau obtenir une dérogation pour le travail du dimanche. Pour Didier Getrey et Francis Dumont (CGT), il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. « En ce début d'année, on a 17 000 pièces en plus à faire pour ZF et les prévisions montrent des cadences en hausse à l'automne. »

Solidairement, ils ont demandé l'ouverture de négociations pour la réorganisation du temps de travail. À savoir un retour aux 3X8, avec un VSD (vendredi-samedi-dimanche). Une organisation abandonnée au profit du 4X8, qui devait selon la direction suffir et même permettre d'absorber les hausses d'activité. Les syndicalistes détaillent les conséquences de ces décisions : « Les salariés font plus d'heures, sont fatigués, perdent en confort personnel, mais devront sans doute aussi payer plus d'impôts, et subir une baisse des prestations sociales... » Des dommages collatéraux qui pourraient être évités avec le retour du VSD. « Ça coûte plus cher, c'est sûr... Les Allemands ont une dérogation annuelle pour le travail du dimanche. Nous, on veut bien, mais on veut aussi les mêmes salaires et les mêmes primes qu'à Sarrebruck ! » Pas plus à l'ordre du jour que le VSD, la direction estimant que « ce n'est pas nécessaire pour l'instant ». En accordant trois dimanches supplémentaires, la sous-préfecture a pourtant insisté sur l'ouverture de négociations pour le 22 janvier.

Michel LEVILLAIN.