Fonderie Lorraine : salaires en hausse de 100 EUR par mois

Publié le 26/02/2012
Hausse des salaires à trois chiffres, retour des postes de VSD, 100 % de charge de travail espéré...Les négociations chez Fonderie Lorraine ont été rondement menées. Syndicats et salariés sont ravis.
Fonderie Lorraine : salaires en hausse de 100 EUR par mois
Fonderie Lorraine : salaires en hausse de 100 EUR par mois
Hausse des salaires à trois chiffres, retour des postes de VSD, 100 % de charge de travail espéré...Les négociations chez Fonderie Lorraine ont été rondement menées. Syndicats et salariés sont ravis.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 26 Février 2012 / SRG
  
Le climat social est au beau fixe chez Fonderie Lorraine, après des négociations annuelles obligatoires fructueuses. Photo RL

Il y a eu un dialogue social constructif » lors des négociations annuelles obligatoires à la Fonderie Lorraine. Dixit Didier Getrey, porte-parole de l'intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFTC, qui le note non sans une certaine malice. L'homme est aux anges, même si les cinq réunions ont été parfois tendues... A tel point qu'une menace de grève planait.

L'enjeu ? L'augmentation des salaires. Certes l'an passé, l'entreprise a perdu de l'argent, mais on le répète souvent, le rachat par la ZF semble lui assurer un bel avenir. Et les syndicats mettent souvent en avant les différences de salaires entre le groupe allemand et le site de Grosbliederstroff. Du coup, les délégués syndicaux voulaient une augmentation à... trois chiffres ! Même la Smart ne va pas jusque-là. La première proposition de la direction était de 54 EUR, c'est dire si la vision des deux camps était éloignée... « Il faut aller vers une harmonisation des salaires, que les gens chez nous aient une vie décente, ce qui fera aussi repartir la consommation », note Didier Getrey. Après d'âpres négociations, bingo ! La direction a accepté l'augmentation de 100 EUR, mais sans rétroactivité, l'accord étant effectif au 1er mars. « Cela fait que les plus bas salaires de l'entreprise passent à 1 541 EUR bruts. Ça représente une hausse de 6,9 %. » Si l'on ajoute les 75 EUR de hausse obtenus l'an passé, cela fait 12 % en deux ans. Les syndicats ont tenu leur objectif et ont de quoi être satisfaits ! Mais ils attendent aussi des efforts, « des opérateurs jusqu'au directeur, pour qu'on marche ensemble et qu'on augmente la productivité en baissant les taux de rebus. » Presque un discours de patron !...

Le retour des VSD

Autre victoire, les postes de VSD seront remis en place. Une demande que les syndicats avaient formulée en décembre, mais qui avait été refusée par la direction. Qui, elle, préférait demander des dérogations pour travailler les dimanches. Mais l'entreprise travaillait déjà en flux tendu, alors que la ZF annonçait une commande supplémentaire de 17 000 pièces. D'où cette proposition de repasser aux 3X8, avec mise en place d'un VSD. « En plus c'était aussi un souhait de la ZF. Il faut que la direction comprenne ce que veut dire 'partenaires' sociaux », explique Didier Getrey. « On n'est pas là pour casser, mais aussi pour faire avancer les choses. »

Et, surprise, le VSD est donc à l'ordre du jour. Mais il y a eu quelques conditions. « Actuellement, nous tournons à 80 %. Nous avons demandé à la ZF qu'il y ait 100 % de charge, comme d'autres fournisseurs. » Ce que la société a accepté, confirmant même la chose par écrit. « Maintenant, nous devons travailler en commun avec la direction pour mettre des choses cohérentes en place, qu'il y ait de la formation, des équipes cohérentes, pas juste des intérimaires. » Les partenaires se sont laissés deux mois pour tout régler.

Recruter des travailleurs handicapés

Dans la négociation, les syndicats ont également souhaité qu'il y ait un programme d'embauche de salariés handicapés, « car l'entreprise est en dessous du quota de 6 % ». Et donc paie une amende à l'Agefiph. De l'argent qui pourrait rester dans l'entreprise et, par le biais d'aides de la même structure, permettre l'aménagement de postes, tout en sortant de l'illégalité et en menant une politique sociale et solidaire.

Michel LEVILLAIN.