Frontaliers : retraités et actifs sur un pied d'égalité

Publié le 17/11/2010
Marcel Amps et François Mentz se battent pour une Europe vraie, juste et sociale. Les choses avancent mais il reste encore des efforts à produire.
Frontaliers : retraités et actifs sur un pied d'égalité
Frontaliers : retraités et actifs sur un pied d'égalité
Marcel Amps et François Mentz se battent pour une Europe vraie, juste et sociale. Les choses avancent mais il reste encore des efforts à produire.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 17 Novembre 2010 / LON /

 

Marcel Amps et François Mentz se battent pour les droits des frontaliers. Photo Samuel MOREAU

C'est un combat mené par Marcel Amps et François Mentz depuis de nombreuses années. Le premier est secrétaire général adjoint CFDT de l'union régional des retraités et le second responsable des travailleurs frontaliers du secteur international, tous deux soulignent les efforts conjoints de la CFDT et de leurs homologues luxembourgeois de la LCGB. Des efforts qui ont porté leurs fruits puisque depuis mai 2010, « nous avons une nouvelle réglementation européenne, remplaçant la loi 1408/71 par la loi 883/2004. Cette dernière introduit la notion de 'famille' ».

Marcel Amps détaille : « Les frontaliers ayant effectué une carrière au Luxembourg qu'elle soit complète ou mixte bénéficient désormais de la caisse de maladie luxembourgeoise. La même caisse qui délivre leur pension. Ces travailleurs ou retraités ainsi que leur famille bénéficient donc tous de tous les avantages dont ils jouissaient en étant actifs au Luxembourg. » Retraités - qu'ils aient eu une carrière complète au Grand-Duché ou mixte - et actifs sont désormais sur un pied d'égalité.

« Ils peuvent se faire soigner indépendamment en France ou au Luxembourg et bénéficier du remboursement direct. La prise en charge se faisant soit par la CPAM française soit par la caisse de maladie luxembourgeoise dont ils dépendent. Idem pour la carte européenne qui leur est attribuée. Cette carte étant nécessaire dans le cadre de vacances ou de visites à l'étranger. Dans la pratique, elle remplace le formulaire E112. »

Selon François Mentz, il reste encore des efforts à produire pour que l'État dans lequel le frontalier a réalisé la plus grande partie de sa carrière prenne en compte les années effectuées dans les autres pays. « Alors seulement lorsque nous aurons obtenu satisfaction, nous pourrons parler d'Europe vraie, juste et sociale. »

Allocations familiales

Dans le cadre des allocations familiales payées par l'État luxembourgeois aux travailleurs frontaliers ayant des enfants en âge scolaire les droits sont maintenus. Exception faite de l'enseignement supérieur. « Pour obtenir cette allocation, il faut être résidant luxembourgeois. Et encore, si un frontalier venait à s'établir au Grand-Duché, il lui faudrait patienter encore cinq ans avant de pouvoir prétendre à cette allocation », stipule Marcel Amps qui poursuit : « Pour une même politique, l'état hollandais a été condamné par la Cour de justice européenne. La Confédération des syndicats chrétiens et le LCGB, soutenus par la CFDT, envisagent de saisir cette même cour de justice. » Une telle action devrait voir le jour au niveau intersyndical.