GANDRANGE ATTEND TOUJOURS...

Publié le 09/10/2009
A Gandrange, on ne veut plus évoquer le 4 février 2008. On aimerait qu'un plan de revitalisation de la vallée voit le jour.
GANDRANGE ATTEND TOUJOURS...
GANDRANGE ATTEND TOUJOURS...
A Gandrange, on ne veut plus évoquer le 4 février 2008. On aimerait qu'un plan de revitalisation de la vallée voit le jour.

Les sidérurgistes CFDT ont attendu en vain Nicolas Sarkozy au pied des hauts fourneaux de Patural, à Hayange.

Il est à Woippy, à 15 km d’ici. Il avait promis de revenir, nous l’attendons. On ne veut pas l’agresser, mais simplement lui rappeler ses promesses. Et il va à nouveau nous faire faux bond.» Edouard Martin, à la tête d’une quinzaine de sidérurgistes CFDT, a tout préparé : une table de réunion avec une chaise vide, réservée au président de la République, et une banderole SOS usine en danger. Nous sommes au pied des hauts fourneaux de Patural, à Hayange.

«Gandrange est une usine morte. Aujourd’hui, nous voulons que le Président confirme son soutien aux investissements pour les hauts fourneaux et le projet Ulcos », lance Edouard Martin, élu au comité européen d’ArcelorMittal. Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, a confirmé hier matin que Nicolas Sarkozy se rendra à Gandrange, probablement avant les élections régionales. A 13 h 30, les militants mettent fin à la manifestation symbolique, qui résume l’amertume des aciéristes de la vallée de l’Orne.
«
Je crois qu’il vaut mieux ne plus évoquer cette promesse du mois de février 2008. En parler nous met en colère », répète Franco, 55 ans agent du LCB (laminoir à barres et à couronnes), seule unité de Gandrange encore opérationnelle. Le TAB (train à billettes), qui devait finir de produire fin décembre, est déjà définitivement arrêté depuis le 1er septembre.
«On n’entend plus l’usine, la nuit»
«Ça sent la résignation. Le climat est bien morose ici », reconnaît Yves Wagner, un retraité du site. «Par respect pour les gens de l’usine, le Président aurait dû faire un crochet par Gandrange. Mais il se serait fait accueillir », admet Mehdi, 26 ans, employé au LCB. «Pour venir, il aurait déjà dû nous apporter des choses concrètes », estime Gérard, employé d’une PME de Florange. «Vous savez, ça fait drôle mais on n’entend plus le bruit de l’aciérie la nuit. C’était quelque chose. C’est devenu calme. M. Sarkozy ne viendra plus ici, je n’y crois plus », explique Nathalie, la boulangère des Choix de Sophie.
Au café-PMU du village, relancé par Mehmet, Thionvillois de 30 ans, Philippe, 55 ans, ancien employé de la sous-traitance sidérurgique se rappelle le temps
«où le ciel avait toutes les couleurs à cause des usines. Aujourd'hui, le ciel est clair, et l'Orne est devenue très poissonneuse…»
B. K.