Gandrange... vu par la droite

Publié le 17/01/2012
La gauche pointe, avec les syndicats, le « caillou dans la chaussure de Sarkozy ». La droite contre-attaque en exhumant les promesses de Mitterrand.
Gandrange... vu par la droite
Gandrange... vu par la droite
La gauche pointe, avec les syndicats, le « caillou dans la chaussure de Sarkozy ». La droite contre-attaque en exhumant les promesses de Mitterrand.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 17 Janvier 2012 / Région /

 

 

Le mystérieux vol de la stèle, il y a quelques jours, a relancé l'affrontement gauche-droite autour de cet enjeu de Gandrange. Photo archives RL

Avec ou sans stèle, Gandrange figurera au programme du déplacement qu'effectuera, aujourd'hui en Moselle, François Hollande. Le candidat socialiste à l'Élysée y sera accueilli dans l'après-midi par le maire Henri Octave. Tout, ou à peu près tout, a été écrit sur ce symbole de la désindustrialisation. Lequel marque pour la gauche - et sans doute pour une grande partie des 571 sidérurgistes ayant perdu leur emploi - « les promesses non tenues » du chef de l'État. Un an après la visite présidentielle, la CFDT avait inauguré à l'entrée de l'usine une plaque de granit gravée de la mention : « Ici reposent les promesses de Nicolas Sarkozy faites le 4 février 2008 à Gandrange : 'avec ou sans Mittal, l'État investira'». Le mystérieux vol de la stèle, il y a quelques jours, a relancé l'affrontement gauche-droite autour de cet enjeu de Gandrange. Sonnant la contre-offensive, l'UMP dénonce « l'imposture socialiste ». Dans un tract tiré à 50 000 exemplaires, les cosignataires Julien Freyburger, délégué de la 1re circonscription UMP de la Moselle, François Grosdidier, sénateur de la Moselle, et Rémy Sadocco, délégué de la 8e circonscription de la Moselle, évoquent les promesses... faites en 1981 par un certain François Mitterrand : « Aucun poste de travail ne peut être supprimé dans la sidérurgie sans qu'un autre n'ait été créé auparavant dans un autre secteur » (Longwy, octobre 1981). Une citation reprise précédemment, au mot près, dans le n° 2255 de Lutte Ouvrière, du 21 octobre 2011. L'organe de la formation trotskiste complétait d'ailleurs son rappel par cette cruelle précision : « Le 29 mars 1984, le gouvernement socialiste Mauroy, comportant quatre ministres communistes, révisait le plan Acier et annonçait la suppression de 21 000 emplois supplémentaires ».
Bis repetita des années Mitterrand

Mais l'UMP mosellane entend bien présenter, elle-même, la facture aux socialistes : « Sous quel gouvernement, quinze ans plus tard, les produits longs et le site de Gandrange ont-ils été vendus à Mittal ? Sous Lionel Jospin », répond-elle, triomphante.

A contrario, les signataires saluent « le courage de Nicolas Sarkozy de venir sur place voir les sidérurgistes en difficulté... » Un trait de caractère que personne, sans doute, ne contestera au chef de l'État. Beaucoup plus spécieux, en revanche, cet autre argument : « Les propos qu'il [Nicolas Sarkozy] a tenus à Gandrange ont été extrapolés et déformés... » S'il est vrai qu'« il n'a pas dit que l'aciérie de Gandrange ne fermerait jamais », Nicolas Sarkozy avait suscité un véritable espoir en s'adressant sur place, le 4 février 2008, aux sidérurgistes menacés de licenciement : « L'État est prêt à prendre en charge les investissements nécessaires pour maintenir l'aciérie en activité... Je reviendrai présenter le plan, la solution ». Un bis repetita des années Mitterrand.

Xavier BROUET.