Grève devant le magasin Lidl

Publié le 03/06/2011
« Bonjour madame, nous vous proposons de signer une pétition pour nous soutenir. Nous sommes en grève ce matin à cause de nos conditions de travail.
Grève devant le magasin Lidl
Grève devant le magasin Lidl
« Bonjour madame, nous vous proposons de signer une pétition pour nous soutenir. Nous sommes en grève ce matin à cause de nos conditions de travail.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 03 Juin 2011 / SRG
 
Une partie des salariées du Lidl a fait grève de 8 h 30 à 12 h, proposant aux clients de signerune pétition. Photo Thierry NICOLAS 

C'est un mot d'ordre national lancé par la CFDT et tous les Lidl sont concernés », expliquent Sarah, Cindy, Sandra, Eliane, Mélanie, et Christelle, salariées de l'enseigne Lidl de Sarreguemines (et pour l'une d'entre elles, d'Hambach). L'effectif du magasin de la zone de Neunkirch s'élève à 17 personnes. Un poste est assuré par 6 employées. « C'est un perpétuel combat pour faire les rayons, la caisse, le pain. On est au four et au moulin », confient les salariées.

Pain, caisse, rayons... 

Et quand elles parlent de four, ce n'est pas qu'une expression ; les employées doivent cuire le pain mis en vente dans le magasin (et non dans le hall) jusqu'à 18 h. « Quand on doit aller en caisse, on laisse le pain et il brûle ! », témoigne une gréviste. Ses collègues évoquent aussi une prime d'intéressement qui « a chuté ».

En ce jour de l'Ascension, le magasin est ouvert aux mêmes horaires qu'un jour de semaine. « L'année dernière nous avions le choix de travailler ou de poser un jour de congé. Cette année, ça nous est imposé », explique une manifestante. La majorité des jeunes femmes sont âgées entre 20 et 30 ans. Mais Eliane, 56 ans, est salariée depuis treize ans. Sandra, 39 ans, totalise dix-neuf ans d'ancienneté. « Quand on a plus de dix ans d'ancienneté et que l'on a 30-35 ans, on est considérée comme vieillissante », expliquent « les anciennes ».

« On nous a demandé pourquoi nous faisions grève », expliquent les employées, évoquant la réaction du responsable du magasin face au mouvement. « Nous avons dit 'pour les conditions de travail'. On nous a dit que nous n'allions pas assez vite pour mettre en rayon, encaisser... » Les clients venus faire leur courses en ce jour férié sont « solidaires, comprennent », constatent les grévistes. Et de fait, les clients signent sans hésiter. « Ce ne sont plus des humains, mais des animaux », lâche un client.

Le responsable du magasin n'a pas souhaité s'exprimer.

O. B.