Guy Kuhnen : « Quel gâchis ! »

Publié le 13/09/2012
Le Forbachois, ancien responsable syndical au niveau national, livre une analyse au vitriol de la situation des hôpitaux en Moselle-Est.
Guy Kuhnen : « Quel gâchis ! »
Guy Kuhnen : « Quel gâchis ! »
Le Forbachois, ancien responsable syndical au niveau national, livre une analyse au vitriol de la situation des hôpitaux en Moselle-Est.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 13 Septembre 2012 / FOR + STA

 

 

Guy Kuhnen : « Les guerres de pouvoir politiques, syndicales, médicales ou administratives ont pris le dessus... ». Photo RL

Guy Kuhnen réagit suite à nos articles sur le fiasco des restructurations de l'offre de santé en Moselle-Est.

Le Forbachois, ancien responsable syndical au niveau national à la CFDT mineurs, connaît le sujet pour y avoir été directement confronté. Aujourd'hui, ayant pris un peu de recul par rapport à ses responsabilités syndicales, avec une parole visiblement libérée, il livre une analyse sans concession de la situation. Son constat est amer : « Je ne sais pas si c'est plus un sentiment de fatalisme ou d'incompréhension qui m'envahit à la lecture de l'article du RL du 12 septembre mais en tout cas, deux mots me viennent spontanément à l'esprit : quel gâchis ! Pourquoi en est-on arrivé là ? Parce que les différents acteurs du sanitaire de Moselle-Est n'ont à aucun moment été capables d'avoir la moindre vision cohérente, loyale et commune.

« On a oublié le patient »

Parce que chacun est resté cantonné à défendre sa chapelle, son hôpital, son organisme. Parce qu'au lieu de travailler en complémentarité, on a travaillé en concurrence. Parce qu'on a laissé les guerres de pouvoir, qu'elles soient politiques, syndicales, médicales ou administratives, prendre le dessus sur le seul enjeu véritable : les besoins sanitaires et médico-sociaux de la population de notre région : le patient. Parce qu'une tutelle, l'Agence Régionale de Santé Lorraine, a laissé faire et n'a jamais imposé une quelconque réorganisation nécessaire et indispensable.

Quel avenir ? Lorsqu'on veut enterrer un problème, que fait-on ? On crée une commission ou on commande un énième rapport. C'est la deuxième option qui a été choisie. Ainsi on gagne du temps et les différents hôpitaux continuent à s'enfoncer au niveau financier. Conclusion : ces établissements ne sont pas viables. On perd beaucoup trop d'argent. Et miracle ! Il y a des nouveaux hôpitaux qui se sont construits à Metz. De leur côté, les Sarrois nous ouvrent grandes leurs portes d'hôpitaux. Voilà les solutions ! Résultat : notre population devra, pour se faire opérer, quitter la Moselle-Est. On fera un peu de bobologie, un peu de médecine dans le Bassin houiller ! Les infarctus, les accidents vasculaires cérébraux, les cancers, tant pis ! Les patients n'auront pas les mêmes prises en charge que dans d'autres régions et devront faire, pour les plus éloignés, quelque 60 kilomètres ! Enfin que dire du PTU, promis par une ministre, enterré par un autre et enfin abandonné par un troisième. Notre région ne méritait pas ça. Après la désertification industrielle suite à la fermeture des mines, on ne nous accorde pas non plus les mêmes niveaux d'accès aux soins en vigueur dans les autres régions de France ».