Hauts-fourneaux à vendre ?

Publié le 01/10/2012
Lakshmi Mittal pourrait accepter de céder les hauts fourneaux du site sidérurgique de Florange, en Moselle, dont l'arrêt définitif devrait être annoncé lundi
Hauts-fourneaux à vendre ?
Hauts-fourneaux à vendre ?
Lakshmi Mittal pourrait accepter de céder les hauts fourneaux du site sidérurgique de Florange, en Moselle, dont l'arrêt définitif devrait être annoncé lundi

© L'Est Républicain, Dimanche le 30 Septembre 2012 / Ouverture France-Monde + Vosges Matin

 

L'arrêt des deux hauts-fourneaux de Florange entraînerait le chômage pour près de 600 personnes parmi les 2.500 salariés du site, sans compter les sous-traitants. Photo Alexandre MARCHI

Un comité central d'entreprise est convoqué lundi à Paris. Le lendemain, un CE extraordinaire se tiendra à Metz et dans le même temps un CE européen est prévu au Luxembourg. Dès les premiers jours de la semaine, les 570 salariés de la filière liquide en sauront plus sur leur avenir. La direction d'Arcelor- Mittal va officialiser sa décision de fermer définitivement les deux hauts-fourneaux de Florange, arrêtés depuis plus de neuf mois.

Exit la filière chaude, l'aciériste mise sur la filière froide qui emploie près de 2.000 personnes en Moselle. Dans la foulée de cette annonce, Mittal pourrait également autoriser la cession des hauts-fourneaux. Dans son édition d'hier, le journal Libération fait état d'une « source élyséenne » selon laquelle Lakshmi Mittal « aurait donné son accord de principe » lors de sa rencontre jeudi avec François Hollande, au moment même où Arnaud Montebourg tentait sans grand succès de rassurer les sidérurgistes de Florange.

Cette information brûlait la langue des politiques qui ne pouvaient légalement annoncer une décision qui appartient à l'industriel. Néanmoins, le ministre du Redressement productif l'a fortement laissé entendre lors de sa rencontre avec les syndicalistes et les élus locaux. « A l'exception du point névralgique de la cokerie que Mittal souhaitait conserver, il avait effectivement l'air de dire que c'était réglé », se souvient Philippe Tarillon, maire de Florange.

Spécialistes sceptiques

Cette impression ressortait également de l'interview qu'Arnaud Montebourg a accordée à L'Est Républicain (notre édition du vendredi 28 septembre) oscillant sans cesse, jusqu'à la confusion, entre l'annonce et le conditionnel de circonstance. « Il faut attendre que ce soit officiel, mais on le sentait venir », reconnaît Edouard Martin, leader CFDT du mouvement de protestation lancé 14 mois plus tôt. Il dénonce une solution « bâtarde » tout en admettant l'absence d'alternative, « entre zéro haut-fourneau avec Mittal et un ou deux avec un autre aciériste, nous, on saute dans la brèche ».

Si la cession se confirme, elle ne va pas provoquer de liesse populaire dans la vallée de la Fensch tant les zones d'ombre subsistent. « Cela va être très compliqué, confirme Edouard Martin, il va falloir trouver un industriel qui achète un bout d'usine, mais cela reste faisable car un avoir un pied à terre en Europe cela reste intéressant même si on est en période de crise avec une faible demande d'acier ». Michel Liebgott, député maire de Fameck pousse le raisonnement : « Il faut tout mettre sur la table y compris la cession de la filière froide, Mittal a besoin de la France qui a moyen de faire pression ». L'Etat devra en outre prendre des garanties.

Si la quête planétaire d'un repreneur venait à échouer, Mittal qui aura cédé ses hauts-fourneaux pourra-t-il s'affranchir des chantiers fastidieux et onéreux du démontage de l'outil et de dépollution du site ? Mais la priorité reste sans conteste le destin des salariés dont le chômage technique est financé jusqu'au 31 décembre prochain. Cela laisse entre deux et trois mois pour trouver ce repreneur providentiel qui défierait les analyses de spécialistes de l'acier qui assurent que la partition d'un site comme celui de Florange est une ineptie industrielle.

P. R.