Henri-Pierre Orsoni, parole d'acier ?

Publié le 26/10/2012
À 54 ans, dont trente passés dans la sidérurgie, le nouveau directeur général de la société ArcelorMittal Atlantique-Lorraine, « responsable » désormais de 8 000 salariés, entend les faire travailler tous ensemble. Sacré challenge !
Henri-Pierre Orsoni, parole d'acier ?
Henri-Pierre Orsoni, parole d'acier ?
À 54 ans, dont trente passés dans la sidérurgie, le nouveau directeur général de la société ArcelorMittal Atlantique-Lorraine, « responsable » désormais de 8 000 salariés, entend les faire travailler tous ensemble. Sacré challenge !

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 26 Octobre 2012 / THI /

 

 

Père de deux enfants, marié à un professeurde physique, le nouveau patron de Florangedit vouloir donner de sa personne pour restaurer la confiance avec les salariés. Photo Gilles WIRTZ

tout le visage d'Henri-Pierre Orsoni s'anime quand il évoque son métier. Volubile, le nouveau directeur général de la société ArcelorMittal Atlantique-Lorraine (Amal) utilise ses mains pour mieux expliquer son projet : « Intégrer et lier durablement ces deux bassins pour en faire un ensemble sidérurgique très performant ». Et de mimer le circuit qui part de l'usine côtière de brames de Dunkerque, passe par le train à chaud de Serémange, avant d'arriver sur les lignes de spécialisation de Florange. Trente minutes d'interview à peine (notre précédente édition) et le voilà qui retire sa montre, le regard rivé sur le cadran pour ne pas manquer le rendez-vous suivant.

Yeux bleus levés vers son interlocuteur, l'ingénieur de formation, diplômé de la réputée école Centrale de Paris, parle de clients, produits, services. Il pourrait même en parler des heures et l'avoue volontiers. Une façon de faire qui tranche avec celle de son prédécesseur florangeois, Thierry Renaudin, que médias et salariés semblaient effrayer.

Henri-Pierre Orsoni serait-il enfin le patron que tout le monde attendait ? Redonnant de la force à l'acier, réinstallant Florange à la pointe de l'innovation ? Ou, au contraire, comme beaucoup le craignent, celui qui pourrait encore démembrer le site, après la condamnation de la filière liquide ? « Je suis plutôt quelqu'un de constant et d'opiniâtre. Quand j'arrive quelque part, c'est pour y rester », se définit l'intéressé. Entendez, je ne suis pas là pour fermer Florange... « Je viens pour développer. »

L'usine autrement

Rester, mais dans une configuration qui n'aura rien à voir avec le passé. Sans hauts-fourneaux à Hayange et avec 629 personnes à reclasser... si le processus de reprise venait à ne pas aboutir.

Le premier 'chantier' difficile auquel devra s'atteler celui qui a démarré sa carrière à Fos-sur-Mer en 1981 avant de devenir responsable de l'aciérie de Dunkerque en 2000, puis directeur technique et responsable de tout l'établissement en 2008. Nommé en juillet de la même année à la tête de l'organisation 'Atlantique', il a dit « oui tout de suite » quand on lui a proposé de diriger également la Lorraine, soit au total huit sites et 8 000 salariés. Dans le concret d'ailleurs, il préfère évoquer l'entité Atlantique-Lorraine plutôt que d'user du sigle obscur 'Amal'.

« Être physiquement présent »

Pour réussir son projet industriel, Henri-Pierre Orsoni, nommé voilà quinze jours, a choisi de d'abord rencontrer l'équipe dirigeante. Mais pas seulement. La liste des personnes à consulter est longue. Décidé à « être physiquement présent quatre jours par semaine dans l'Est », il entend rétablir le dialogue social et sait que ce sera long. Mais évoquer un sujet embarrassant comme l'avenir du packaging et c'est le bracelet de sa montre qu'il manipule inlassablement, tête baissée. Pour mieux réfléchir ?

Hier matin, après l'occasion ratée d'une rencontre avec les syndicats devant les grilles des Grands Bureaux mercredi, il a rectifié le tir en discutant une bonne heure avec les militants CGT-CFDT-FO. Sans cravate, sur le trottoir, dans le froid. Un premier pas qui devra en appeler d'autres face à des métallos souffrant depuis trop longtemps de silences et d'incertitudes.

Virginie DEDOLA.