Hollande et Aubry à Gandrange demain

Publié le 16/01/2012
François Hollande et Martine Aubryse rendront ensemble demainà Gandran-ge, qu'ils considèrent comme l'un des échecs du quinquennat.
Hollande et Aubry à Gandrange demain
Hollande et Aubry à Gandrange demain
François Hollande et Martine Aubryse rendront ensemble demainà Gandran-ge, qu'ils considèrent comme l'un des échecs du quinquennat.

© Vosges Matin, Lundi le 16 Janvier 2012 / Région Vosges / METZ

Depuis sa fermeture en mars 2009, l'aciérie ArcelorMittal de Gandrange (Moselle) où doivent se rendre demain François Hollande et Martine Aubry, apparaît à gauche, mais aussi pour certains à droite, comme l'un des échecs de la présidence de Nicolas Sarkozy.

« Gandrange, c'est avec la réunion du Fouquet's l'une des fautes originelles du quinquennat », estime Michel Liebgott, député (PS) de la Moselle et président du groupe d'études sur la sidérurgie à l'Assemblée nationale. « C'est à Gandrange que le président de la République s'est renié en ne tenant pas les promesses faites aux ouvriers », ajoute-t-il.

Le 4 février 2008, au lendemain de son mariage avec Carla Bruni et à l'issue d'une visite très médiatisée de l'usine mosellane, M. Sarkozy s'était engagé à faire prendre en charge par l'Etat « tout ou partie des investissements nécessaires » pour maintenir l'aciérie en activité.

« Je reviendrai moi-même [...] pour annoncer la solution qu'on aura trouvée », avait-il ajouté sous les applaudissements de 400 sidérurgistes, trois semaines après que le numéro un mondial de l'acier eut annoncé la suppression de 600 des 1 100 emplois du site mosellan.

Un an plus tard, alors que l'aciérie avait été définitivement fermée le 31 mars 2009, le chef de l'Etat avait contesté ne pas avoir tenu ses engagements, comme est venu le redire jeudi à Yutz (Moselle) le ministre de l'Industrie, Eric Besson : reclassement des 571 salariés licenciés, injection de 33 millions d'euros dans des conventions de « revitalisation » et création d'une école d'apprentissage.

Pour Edouard Martin, délégué CFDT au comité central d'entreprise d'ArcelorMittal, « Gandrange laisse le souvenir d'une double trahison : celle de la famille Mittal qui, pour réussir son OPA sur Arcelor en 2006, avait promis d'en faire sa vitrine sociale et industrielle, et celle de (M.) Sarkozy qui avait promis de sauver le site, comme il avait sauvé en 2004 (le groupe d'ingenierie et de transport) Alstom ».

Depuis sa fermeture il y a trois ans, l'aciérie de Gandrange n'est plus qu'une immense carcasse métallique désaffectée où se bousculent pourtant les candidats à la présidentielle. Ségolène Royal s'y est rendue à trois reprises, la dernière fois en septembre 2011, un mois avant le premier tour de la primaire du Parti socialiste (PS).

Mélenchon mercredi

M. Hollande, candidat du PS, s'y rendra demain en compagnie de la première secrétaire du parti, Martine Aubry, à la veille du sommet social convoqué par l'Elysée. Jean-Luc Mélenchon, candidat commun du Front de gauche, y est annoncé pour le lendemain, mercredi.

Ils y auront été précédés, le 22 décembre, par la présidente et candidate du Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin, qui avait déposé une gerbe devant « le symbole des promesses non tenues du président et de l'échec industriel du gouvernement ».

« Tous ces candidats qui viennent à Gandrange faire de l'anti-sarkozysme primaire feraient mieux de se préoccuper du fond du dossier », regrette François Grosdidier, sénateur-maire (UMP) de Woippy (Moselle) et proche du chef de l'Etat.