Hollmann : 109 salariés sur le carreau

Publié le 04/05/2012
Il restait une possibilité de sauver Hollmann et une partie de ses salariés, malgré la mise en liquidation judiciaire. Lundi, le repreneur potentiel a abandonné définitivement son projet. Point final pour l'entreprise et ses 109 salariés.
Hollmann : 109 salariés sur le carreau
Hollmann : 109 salariés sur le carreau
Il restait une possibilité de sauver Hollmann et une partie de ses salariés, malgré la mise en liquidation judiciaire. Lundi, le repreneur potentiel a abandonné définitivement son projet. Point final pour l'entreprise et ses 109 salariés.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 04 Mai 2012 / Région /

 

 

« C'est aberrant ce qui se passe. On a tenu les gens en haleine pendant des mois... Pour rien... » Au sein d'Hollmann, l'amertume est grande aujourd'hui. Photo RL

Un immense gâchis... C'est le sentiment qu'inspire la fin, désormais actée, de l'entreprise Hollmann. Spécialisée dans la reliure de catalogues, elle fut pionnière, première à s'installer sur l'Europôle d'Hambach. Pendant 19 ans, son savoir-faire ne s'est jamais démenti, mais la chute de sa maison-mère, le groupe Schlott, il y a un peu plus d'un an, a entraîné un effet domino. Une à une, ses filiales ont été liquidées, mais Hollmann a résisté... Quatorze mois. La chambre de commerce a accordé plusieurs sursis, mais des onze repreneurs annoncés à l'origine, il n'en restait apparemment plus qu'un : Wennberg. Qui a semble-t-il eu du mal à afficher clairement ses positions. Le tribunal a donc fini par trancher dans le vif, le 10 avril dernier, prononçant la liquidation de l'entreprise.

Les partenaires sociaux, accompagnés par Didier Getrey, secrétaire CFDT métallurgie Moselle, n'ont toutefois pas lâché prise et ont maintenu les contacts avec Wennberg, tout en sollicitant les politiques. Le député-maire de Sarreguemines, Céleste Lett, pour la mise en place d'une cellule de reclassement, puis le président de la communauté d'agglomération (la Casc), Roland Roth. La semaine passée, lors d'une réunion en sous-préfecture, un accord de principe semblait avoir été trouvé. La Casc rachetait les bâtiments et les louait à Wennberg, qui pouvait en devenir le propriétaire au bout de 10 ans. Celui-ci reprenait 60-65 salariés sur les 109 que compte l'entreprise.

Mais lundi, Martin Wennberg a anéanti les espoirs des salariés et des élus, annonçant que ses actionnaires ne le suivaient pas dans sa volonté de reprise d'Hollmann. Un projet pourtant censé être mûri depuis le mois d'août dernier...

« Faire le deuil »

« On y a cru jusqu'au bout, on a fait tout ce qu'on pouvait... », confie Didier Getrey. En continuant à travailler, sans un mouvement de grève ou de colère pouvant refroidir un repreneur. À l'origine, Wennberg rachetait les bâtiments pour 450 000 EUR, et les machines pour 50 000 EUR. « Il proposait d'apporter également 500 000 EUR de trésorerie, soit un million en tout. » Un chiffre qui correspondait aussi à l'estimation du seul rachat des machines, en pièces détachées, pour les installer... en Tchéquie ! Wennberg a d'ores et déjà récupéré tous les contrats d'Hollmann. Avec la liquidation de la société, le coup de pouce de la Casc, la mariée semblait encore plus belle. « Ça aurait été une création d'entreprise, avec des aides de l'État. » Ça n'a pas suffi.

« Les salariés doivent maintenant faire leur deuil. », conclut Didier Getrey. « On espère que la vente des bâtiments et machines sera fructueuse et que les salariés récupéreront une partie de cette somme. On veillera au grain. » Car pour l'heure, c'est le minimum légal, et la mise en place d'une cellule de formation. Amère, la direction voulait hier simplement rendre hommage aux salariés et partenaires sociaux, ainsi que la Casc. « Ils ont fourni des efforts jusqu'au bout, sont restés mobilisés. » Malheureusement en vain... Du côté des élus, on va désormais s'atteler à « redonner vie au bâtiment, y remettre de l'activité », ce qui pourrait profiter aux salariés licenciés.

Michel LEVILLAIN.