Hollmann liquidée : 109 salariés licenciés

Publié le 11/04/2012
Le tribunal de commerce a prononcé hier la liquidation judiciaire de la société Hollmann. En sursis depuis quatorze mois, elle attendait un délai, et une offre ferme d'un repreneur. Arrivée hier... Les 109 salariés seront licenciés.
Hollmann liquidée : 109 salariés licenciés
Hollmann liquidée : 109 salariés licenciés
Le tribunal de commerce a prononcé hier la liquidation judiciaire de la société Hollmann. En sursis depuis quatorze mois, elle attendait un délai, et une offre ferme d'un repreneur. Arrivée hier... Les 109 salariés seront licenciés.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 11 Avril 2012 / SRG /

 

 

Depuis près de trois semaines, les salariés étaient au chômage technique. Hier, ils ont pour la plupart dit au revoir à une entreprise à laquelle ils ont consacré souvent plus d'une quinzaine d'années de travail. Photo RL

Coup de tonnerre hier, à Hambach. Si les salariés d'Hollmann avaient envisagé la chose depuis plusieurs mois, l'annonce de la liquidation de l'entreprise reste un choc. Le tribunal a tranché, l'offre (de principe) de Wennberg n'offrait pas assez de garanties. Celui qui fut concurrent d'Hollmann aurait fait parvenir une offre plus détaillée... hier.

« Amertume et déception... » Ce seront les deux seuls mots lâchés par le directeur, Alain Klein. « On ne peut plus rien faire... Un appel servirait à quoi ? A faire traîner les choses... », lâche un représentant CFDT. Depuis 14 mois et la liquidation de la maison-mère, le groupe Schlott, Hollmann était en sursis. L'entreprise, spécialisée dans la reliure, n'a jamais manqué de travail et comptait à son apogée jusqu'à 350 salariés (200 fixes et des saisonniers). Mais la clientèle s'est montrée méfiante, suspendue qu'elle était à la décision de justice. Et il y a internet... « Notre fierté, c'était la réalisation de gros catalogues, confie un salarié. Maintenant, les volumes ont baissé. Tout passe par internet. » La plupart des 109 salariés restant ont plus d'une dizaine d'années d'ancienneté. Souvent quadragénaires, parfois en couple, ils se retrouvent licenciés du jour au lendemain. « On espérait avoir encore un mois de sursis. » Mais le tribunal a décidé de clore l'histoire. « On y a toujours pensé, mais ça fait bizarre... » Et quand il analyse la situation... « Le problème n'est pas de perdre son travail, mais de ne pas en retrouver. » Depuis quelque temps, il prospectait déjà sur le site de Pôle emploi. « J'ai déjà connu une fermeture, avec la Sesa. C'est la deuxième. » Proche de la 'retraite', cet employé est plus philosophe. Mais pas forcément moins amer que les autres. Jamais de grève, les salariés avaient confiance en leur potentiel, ils ont même sollicité le président de la République. En réponse, une lettre leur annonçant que leur situation faisait 'l'objet de toute l'attention du gouvernement', qui s'efforcerait 'de trouver une solution' et qui annonçait des 'efforts engagés pour garantir la pérennité du site'. Pour un délégué CFDT, « les politiques sont en campagne, mais on a l'impression qu'ils sont en vacances ».

Accompagner les salariés

D'ici quinze jours, les salariés seront licenciés. Hollmann sera mise aux enchères. Six lignes de reliure, deux lignes de mise sous film. Un hall de production de 10 000 m², un hall de montage de 2 000 m², un autre de stockage de 7 500 m² et des bureaux sur 500 m². C'est ce qu'il restera de l'entreprise. Juste derrière, la Smart est en plein boom et cherche à s'agrandir, alors dans les ateliers, on pense qu'elle pourrait racheter les locaux. Et qu'au final, les salariés auront été sacrifiés...

« Il y avait d'autres alternatives », assure Didier Getrey, secrétaire CFDT métallurgie Moselle. « Le comité d'entreprise n'a jamais vu l'offre faite par Wennberg. » Aujourd'hui, il est trop tard... « Les salariés vont toucher les indemnités de base, payées par l'Etat. » Pour 15 à 19 ans d'ancienneté, on tourne autour de 4 à 5 000 euros. Pour ainsi dire rien... « Nous discutons avec l'inspection du travail pour savoir quelles mesures on peut mettre en place pour accompagner les salariés. »

Hier, dans l'entreprise, ils vidaient leurs clés à la machine à café ou au distributeur de confiserie. Gisèle quittera ce soir sa 'Famille en or', et elle lui manquera. « Nos élus syndicaux ont bien travaillé », lance un employé, mais ils ne pouvaient pas faire grand-chose. Les Hollmann rejoignent ainsi une longue liste, où figurent les noms des Johnson, des Fuji... Reste à faire leur deuil.

Michel LEVILLAIN.