Hollmann : solder enfin le passé pour tourner la page

Publié le 20/11/2012
Les anciens salariés d'Hollmann se sont retrouvés en compagnie de leurs délégués syndicaux et de responsables CFDT pour faire le point sur une situation qui n'en finit pas de traîner. Et d'échauffer les esprits.
Hollmann : solder enfin le passé pour tourner la page
Hollmann : solder enfin le passé pour tourner la page
Les anciens salariés d'Hollmann se sont retrouvés en compagnie de leurs délégués syndicaux et de responsables CFDT pour faire le point sur une situation qui n'en finit pas de traîner. Et d'échauffer les esprits.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 20 Novembre 2012 / SRG /

 

 

Depuis six mois, certains salariés d'Hollmann attendent encore de toucher une partie de leurs salaires impayés. D'autres ont des problèmes récurrents avec Pôle emploi Alsace... Photo archives RL.

Au mois d'avril, la chambre de commerce du tribunal de grande instance prononçait la liquidation de la société Hollmann. Durant 14 mois, sans heurts, les salariés avaient espéré semble-t-il pouvoir sauver leur entreprise, trouver un repreneur, mais ils ont eu le sentiment d'avoir été bernés. Il leur fallait faire le deuil d'une société à laquelle ils avaient consacré l'essentiel de leur carrière, parfois en couple. Mais pour tourner la page, il faut solder les comptes et ça, depuis le mois de mai, c'est loin d'être le cas... Problèmes de fiches de paie avec le mandataire-liquidateur (qui avait donné lieu à une manifestation des salariés devant son étude), de liens entre les pôles emplois d'Alsace et de Moselle (pour les rémunérations et les formations)... Et ça ne s'arrange pas ! D'où la volonté de la CFDT, qui accompagne les salariés, d'organiser une réunion pour faire le point. Elle a eu lieu à Hambach, dans une salle du complexe sportif gracieusement mise à disposition par la municipalité.
Salaires non versés,ça se débloque...

Si à force de frapper à toutes les portes et de harceler les 'décideurs', la situation a pu se débloquer dans la plupart des cas, il reste des problèmes, notamment en ce qui concerne les agents de maîtrise et cadres. « C'est scandaleux que ça prenne autant de temps pour débloquer la situation », lance Didier Getrey. Qui n'exclut pas une nouvelle action si les choses n'évoluent pas d'ici trois semaines, voire de se tourner vers les Prud'hommes, tout en affirmant « préférer la manière douce ». Ce qui ne convient pas forcément à des hommes et des femmes excédés, qui considèrent que « tout est fait exprès, on se fait du fric sur notre dos ! » Les dossiers doivent repartir au tribunal, puis être transmis aux AGS (régime de garantie des salaires). Contactée hier, l'étude du mandataire-liquidateur, indique que tout doit être réglé aujourd'hui ou demain. L'AGS pourra alors prendre le relais et payer leurs dus aux salariés lésés.

Frontière invisible avec l'Alsace

La CFDT a également fait le point sur le reclassement des salariés licenciés et note que le CSP (Contrat de sécurisation professionnelle) s'est avéré plus efficace que la mise en place d'une cellule de reclassement, initialement réclamée. « Il y a eu des 'couacs', mais environ 65 % des salariés ont retrouvé un emploi ou sont en formation, en 6-7 mois. » Plutôt rapide, au regard des 55 % de reclassés chez les anciens Johnson Controls en 18 mois. Ce qui n'était déjà pas si mal.

L'intervention de l'Agefos permet le financement de formations via Pôle emploi, et il reste également une enveloppe d'environ 100 000 EUR, que les syndicats comptent bien utiliser. « On laissera rien, pas de cadeau, et si le bâtiment finit par se vendre, on espère bien que les salariés récupèrent une part du gâteau ! »

Reste la spécificité alsacienne, une sorte de frontière semblant séparer le Bas-Rhin et la Moselle. Les uns dépendent du Pôle emploi de Forbach et tout semble se dérouler correctement, les autres de celui de Saverne et là, ça coince depuis le début. « Ils nous disent qu'ils n'ont pas de contact avec la Moselle, qu'ils ne savent pas où trouver les fonds pour les formations et les choses traînent... », témoigne cette salariée. Dont l'époux était aussi chez Hollmann et se retrouve également coincé dans la machine administrative. « On doit faire 72 km par jour pour aller à Saverne, sans que les frais soient pris en charge et pour poireauter... pour rien. » Les directions du travail et des Pôles emploi devraient travailler en plus étroite collaboration pour, enfin, régler cette pénible situation et permettre, enfin, aux anciens Hollmann de tourner la page.

M. L. Contact : CFDT S3C, 03 87 16 21 72.