J.-L. Bohl lâche 350 000 EUR et obtient la fin de la grève

Publié le 17/09/2010
Le président de Metz Métropole et les organisations syndicales sont parvenus à un accord, hier après-midi. Le régime indemnitaire des agents communautaire sera remis à plat et gonflé de 350 000 EUR par an.
J.-L. Bohl lâche 350 000 EUR et obtient la fin de la grève
J.-L. Bohl lâche 350 000 EUR et obtient la fin de la grève
Le président de Metz Métropole et les organisations syndicales sont parvenus à un accord, hier après-midi. Le régime indemnitaire des agents communautaire sera remis à plat et gonflé de 350 000 EUR par an.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 17 Septembre 2010 / MTZ
 

 

Après huit jours de conflit, le président de Metz Métropole a trouvé un accord avecles représentants du personnel, hier. Photo Maury GOLINI.

Voilà, c'est fini. Après huit jours de conflit, les agents de catégorie C de Metz Métropole, majoritairement des rippeurs, ont décidé de mettre fin au mouvement de grève qui pénalisait la collecte des déchets dans l'agglomération. Hier, vers 17 h et après une dernière journée de manifestations et de tractations, ils ont signé un protocole d'accord avec le président Jean-Luc Bohl. Ils réclamaient le versement d'une prime mensuelle de 70 EUR. Ils ont finalement obtenu la remise à plat du régime indemnitaire de l'ensemble des agents de la communauté d'agglomération.

La masse salariale globale sera augmentée de 350 000 EUR. La répartition de ce bonus entre les agents fera l'objet d'une négociation ultérieure. Mais dans le communiqué commun que Metz Métropole et les organisations syndicales ont rédigé hier, les signataires indiquent qu'un « accent particulier sera mis à cette occasion sur les catégories C. »

« C'est un très bon accord, nous sommes pleinement satisfaits, réagit Djemel Benkerroum, délégué CFDT. Nous attendions du concret : 350 000 EUR, c'est une très grosse somme. Après les tensions de ces derniers jours, chacun voulait l'apaisement. Je crois que nous avons su sortir de cette crise avec intelligence. »

Alors, Jean-Luc Bohl a-t-il cédé ? « Non, je pense simplement qu'il fallait que s'opère une certaine maturation des propositions que j'avais faites depuis le début du conflit dans les esprits de chacun », se défend le président de Metz Métropole. « Je suis très attaché à l'équité entre les agents. Dès le début, j'ai proposé la remise à plat du régime indemnitaire. Nous avons chiffré l'effort que nous étions en mesure de faire. Je crois que c'est ce qu'ils attendaient. »

Jean-Luc Bohl n'avait plus le choix

Empêtré dans cette crise depuis plus d'une semaine, Jean-Luc Bohl a senti qu'il était grand temps d'en sortir. En renonçant à tout blocage pour adopter un mode de revendication plus sobre, les grévistes commençaient à s'attirer la sympathie de l'opinion publique. Car les citoyens comprenaient mal que le président s'obstine à refuser une augmentation de 70  EUR à ces agents sous-payés, alors que les sacs poubelles s'accumulaient sur les trottoirs. Pire : certains commençaient à lui reparler des fameuses indemnités des vice-présidents, feuilleton de l'année 2009 dont il avait péniblement réussi à se sortir.

Même s'il assure avoir eu « le soutien unanime et fidèle des maires de l'agglomération » dans la gestion de cette crise, Jean-Luc Bohl sentait bien que certains auraient fini par le lâcher, si le conflit avait dû se prolonger au-delà du week-end.

La paix sociale conquise, il lui reste maintenant une mission encore plus difficile à accomplir : trouver les marges de manoeuvre budgétaires pour tenir cet engagement.

L'équation est d'une extrême complexité. Car Metz Métropole doit aussi financer les frais de fonctionnement du Centre Pompidou et les travaux du Mettis. Tout ça sans la taxe professionnelle, supprimée alors que la reprise de l'économie s'annonce. Pas de doute, il faudra aller chercher l'argent là où il est : dans les poches des ménages.

Anthony VILLENEUVE.