J.-L. Malys : peur et exaltation

Publié le 16/12/2011
« Lorsque je repense à cette période, j'éprouve un drôle de sentiment : c'était à la fois excitant et chaleureux avec des relations très fortes qui se nouent. Et en même temps, c'était beaucoup de peur et de tristesse.
J.-L. Malys : peur et exaltation
J.-L. Malys : peur et exaltation
« Lorsque je repense à cette période, j'éprouve un drôle de sentiment : c'était à la fois excitant et chaleureux avec des relations très fortes qui se nouent. Et en même temps, c'était beaucoup de peur et de tristesse.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 16 Décembre 2011 / THI /

 

 

 

Quand, je me promenais dans Uckange, les gens pleuraient et me demandaient ce qu'ils allaient devenir. » A l'époque, la CFDT avait été beaucoup critiquée sur sa manière de mener le conflit, « mais aujourd'hui, vingt ans plus tard, les gens s'en souviennent. Ils ont même oublié les mauvais côtés de l'usine : mauvaises conditions de travail, mal payé ! » L'homme n'éprouve ni nostalgie, ni rancoeur. « Ce conflit, je me suis souvent demandé s'il était bien utile. Mais on l'a mené jusqu'au bout et j'ai aucun sentiment d'échec. On s'est battu sur le volet social. Tout le monde a été suivi et reclassé. »

Depuis, Jean-Louis Malys n'a jamais quitté la CFDT « je lui dois tout » et sa carrière l'étonne chaque jour. « Je suis resté permanent dans la sidérurgie jusqu'en 2001, puis j'ai rejoint le comité de groupe européen, avant d'arriver à Paris en 2006. Lorsque François Chérèque m'a proposé de faire partis des neuf dirigeants CFDT nationaux, j'ai cru qu'il se moquait de moi. J'avais rien fait pour ça. » Sauf que l'homme est bosseur. Lorsqu'il s'attaque à un dossier, il ne le lâche plus et son énergie lui confère un charisme que personne n'aurait imaginé. « Mais j'ai pas fermé l'usine pour faire carrière. Y'a trois semaines, un gars à Florange m'a dit ça. Ma carrière, elle vient de nulle part, Elle est juste le produit d'une vie de rencontres. »