L'été de tous les dangers pour la sidérurgie lorraine

Publié le 28/06/2012
Installations à l'arrêt, chômage confirmé. L'avenir est toujours sombre pour les « Mittal ». Pour réveiller les salariés et ne pas se faire oublier du nouveau gouvernement, l'intersyndicale a bloqué, hier, tous les accès au site florangeois.
L'été de tous les dangers pour la sidérurgie lorraine
L'été de tous les dangers pour la sidérurgie lorraine
Installations à l'arrêt, chômage confirmé. L'avenir est toujours sombre pour les « Mittal ». Pour réveiller les salariés et ne pas se faire oublier du nouveau gouvernement, l'intersyndicale a bloqué, hier, tous les accès au site florangeois.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 28 Juin 2012 / Région /

 

 

L'intersyndicale (CGT-CFDT-FO) reste mobilisée pour le maintien de l'ensemble du site sidérurgique. Photo Dominique STEINMETZ

C'est le ministre en personne qui a pris son téléphone... Hier, en début d'après-midi, Arnaud Montebourg a appelé les « Mittal ». Une petite victoire pour l'intersyndicale (CGT-CFDT-FO) qui, depuis mardi soir, bloque toutes les entrées et sorties du site industriel à Florange et Hayange ( lire RL d'hier ). Un nouveau coup de pied dans la fourmilière après cinq mois de conflit, l'arrêt prolongé des installations (hauts fourneaux et étamage) et la confirmation du chômage partiel pour près de deux mille employés. Une ultime action pour tenter de secouer les salariés, démobilisés et résignés, avant « l'été de tous les dangers » et toujours la peur d'un plan social qui ne dirait pas son nom.
Dernière ligne droite

Une action aussi, histoire de « marquer le nouveau gouvernement à la culotte ». Car si la mission d'expertise indépendante lancée au début du mois par l'Elysée a été saluée, les premières rencontres entre hauts fonctionnaires chargés de l'étude et syndicalistes n'ont pas rassuré ces derniers.

« On ne veut pas des experts qui raisonnent comme nos patrons, oublient de penser à l'avenir et à l'humain », s'inquiète un militant. En clair, les experts s'attarderaient un peu trop sur un scénario d'abandon de la filière liquide (hauts fourneaux) contre une hausse de capacité des usines à froid (aciérie).

Un scénario unanimement dénoncé par l'intersyndicale. « C'est la filière intégrée qui fait la force du site ! » Sans elle, pas d'Ulcos (projet pilote mondial pour le captage de CO2) et aucune garantie à long terme sur la pérennité des usines florangeoises.

« Aujourd'hui, on est dans la dernière ligne droite. Il faut prendre conscience que le danger est imminent. Mais la première revendication reste le redémarrage des hauts fourneaux, le maintien de l'ensemble du site ! », insiste Jean Mangin (CGT).

Cette revendication première a été rappelée au ministre du Redressement productif. Arnaud Montebourg, par le biais d'Edouard Martin (CFDT), qui a réaffirmé que le mandat donné à la mission d'expertise était bien celui d'examiner toutes les solutions possibles pour pérenniser l'ensemble du site.

Les résultats de l'étude doivent êtres rendus à la fin du mois de juillet. « L'étape suivante sera une volonté politique », analyse encore Jean Mangin, conscient pourtant que l'appui du gouvernement français seul ne suffira pas face à la volonté de Mittal. La population aussi l'a bien compris. « C'est l'Indien (Mittal) qui veut tout fermer ! Mais il faut qu'ils continuent à se battre ! », exhorte une ancienne habitante de la rue Saint-André, à deux pas de la petite poignée de militants bloquant l'accès du portier Patural. Le soutien des habitants au mouvement est toujours là. Mais malgré les avertissements sans ambiguïté des syndicalistes, les salariés, premiers concernés, restent éloignés.

Lucie BOUVAREL.