L'évêque de Metz s'engage

Publié le 18/03/2012
Sans prise de position politique, mais parce que « l'Église est proche des gens qui souffrent », Mgr Raffin, évêque de Metz, a apporté son soutien aux salariés d'ArcelorMittal.
L'évêque de Metz s'engage
L'évêque de Metz s'engage
Sans prise de position politique, mais parce que « l'Église est proche des gens qui souffrent », Mgr Raffin, évêque de Metz, a apporté son soutien aux salariés d'ArcelorMittal.

© L'Est Républicain, Dimanche le 18 Mars 2012 / Ouverture Région Lorraine 
Mgr Raffin a reçu les syndicalistes, des salariés et des représentants paroissiaux dans l'église d'Hayange, hier. Photo ER 

La statue de Notre Dame d'Hayange veille sur la cité sidérurgique. À ses pieds, de grandes lettres formant « SOS » lancent un appel à l'aide visible de loin. Il alerte sur la situation tragique du secteur et demande de l'aide à toutes les personnes de bonne volonté. Il invite largement à la mobilisation. L'appel a été entendu par le diocèse de Moselle. L'évêque, Mgr Pierre Raffin, a rencontré des syndicalistes, des salariés et des responsables paroissiaux dans l'église d'Hayange, hier matin. Il les a assurés de son soutien. Il a associé les salariés d'Alpha-Santé, l'hôpital d'Hayange, qui sont aussi confrontés à des difficultés croissantes.

Le conseil presbytéral, composé des prêtres délégués de tout le diocèse de Moselle, s'était réuni le 15 mars afin de mener une réflexion sur la situation politique, économique et social de la région Lorraine et les questions que cela pose à l'Église.

« Au titre de notre responsabilité de prêtres, nous tenons à manifester notre solidarité à l'égard de tous ceux qui souffrent et nous voulons soutenir tous ceux qui s'engagent pour l'avenir de notre région », a souligné Pierre Raffin. « La situation difficile de la sidérurgie lorraine et plus particulièrement l'action engagée sur le site d'ArcelorMittal de Florange pour la sauvegarde de l'emploi, nous amènent à réaffirmer les mots du Concile Vatican II. Ils disent notamment que les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur... »

Les délégués syndicaux de la CFDT et de la CGT ont remercié l'évêque pour sa démarche. L'Action catholique ouvrière (ACO) avait déjà publié un communiqué, associant catholiques et protestants, pour manifester sa solidarité avec les travailleurs dont l'emploi est menacé. « Face à la crise et au démantèlement de la sidérurgie et de l'hôpital d'Hayange, osons l'espérance, la résistance et la solidarité envers les travailleurs en lutte de la Vallée de la Fensch. La situation qui est faite aux salariés d'Arcelor Mittal, ainsi que la menace sur l'hôpital d'Hayange montre une fois de plus que l'on veut détruire nos moyens économiques et sociaux que des milliers de travailleurs de la vallée ont construits avec leurs mains et leurs sueurs. »

Si il n'y a aucune prise de position politique dans la démarche du diocèse, en revanche, l'ACO prend des accents plutôt à gauche. « Si le capitalisme a été à une époque source de progrès et de développement à travers la lutte des classes, il se montre aujourd'hui incapable de résoudre les problèmes de vie et de société, et de plus en plus, le capitalisme financier engendre la misère et la pauvreté et montre ses limites historiques », poursuit l'Action Catholique Ouvrière.

« On croit encore qu'on peut s'en sortir », souligne le père Gérard Schaeffer, curé de la paroisse. « La dimension d'avenir, on la vit ensemble, au quotidien. »

Jean-Charles VERGUET