L'usine de Hambach rattrapée par la criseL'usine de Hambach rattrapée par la crise

Publié le 13/12/2009
Les ventes de la Smart fortwo sont en baisse de 13 %. Jusque-là épargnés par la crise, les salariés de l'usine de Hambach vont connaître dès janvier leurs premiers jours de chômage partiel.
L'usine de Hambach rattrapée par la criseL'usine de Hambach rattrapée par la crise
L'usine de Hambach rattrapée par la criseL'usine de Hambach rattrapée par la crise
Les ventes de la Smart fortwo sont en baisse de 13 %. Jusque-là épargnés par la crise, les salariés de l'usine de Hambach vont connaître dès janvier leurs premiers jours de chômage partiel.

Le Républicain Lorrain, Dimanche le 13 Décembre 2009. / Lorraine / Société

Ils étaient jusque-là les derniers des Mohicans. Mais à compter du mois de janvier, les 1 700 salariés du site Smart de Hambach ne feront plus office d'exception dans le milieu en crise de l'industrie automobile. Demain, lors d'un comité d'établissement, la direction annoncera pour la première fois la mise en place de mesures de chômage partiel. Alors que l'usine avait, pour l'instant, été épargnée. Boostée par la hausse du prix des carburants et le bonus écologique, lancée sur de nouveaux marchés au fort potentiel comme les Etats-Unis, le Brésil ou la Chine, la petite citadine, présente dans 41 pays, avait plutôt bien tiré son épingle du jeu dans ce contexte morose. Cet état de grâce est aujourd'hui révolu. La semaine passée, les derniers résultats des ventes ont été officialisés. Et ils ne sont pas bons. Fin novembre, 107 000 unités avaient été écoulées. Contre 123 500 à la même époque l'an dernier. Soit une chute de 13,4 %.Contactée, la direction du site mosellan n'a pas souhaité s'exprimer avant le CE de demain. Pour les syndicats, le marché américain est en cause. « Le prix du pétrole a baissé et une prime d'Etat a été versée là-bas. Résultat : les ventes se sont reportées sur de plus grosses voitures », affirme Patrick Hoszkowicz, délégué syndical CFDTLa fortwo est entrée dans sa deuxième moitié de vie. Et puis, on a pénétré tous les marchés d'un coup », poursuit, fataliste, Gilles Hemmerling, délégué syndical CFE-CGC chez Plastal.Cette baisse des ventes ne sera pas sans conséquence sur le site de production de Hambach. Avec un an de décalage, l'usine connaît les mêmes soubresauts que les entreprises concurrentes. Le rythme de production, qui dépassait les 600 véhicules/jour en période de pointe, a été ramené à 500 depuis fin octobre. Les intérimaires ne sont plus légion. Et le chômage partiel se profile : « Il est question de huit jours de production en moins pour le premier semestre 2010. L'idée étant de faire près de 4 000 véhicules en moins », assure le représentant CFDT.En 2012, l'usine démarrera la production en série de la Smart électrique. Mais on ignore dans quelle proportion et les syndicats n'attendent pas de miracle. « C'est mieux que de ne pas l'avoir, mais ce n'est pas ça qui va sauver l'entreprise. On va commercialiser ce modèle alors que tout le monde occupera déjà le terrain », regrette Gilles Hemmerling. Le projet d'une petite quatre places n'a toujours pas été officialisé, « et comme il s'agirait d'un partenariat avec Renault, il y a peu de chance qu'elle se fasse chez nous, à moins qu'elle soit de même gabarit que la fortwo », poursuit le représentant CFE-CGC. « Reste à miser sur le nouveau modèle pour fin 2013 », espère le syndicaliste.