La CFDT parie sur l'avenir

Publié le 15/11/2012
Pertes d'adhérents dans la sidérurgie, gains dans la métallurgie : la CFDT subit la crise en affichantsa combativité.
La CFDT parie sur l'avenir
La CFDT parie sur l'avenir
Pertes d'adhérents dans la sidérurgie, gains dans la métallurgie : la CFDT subit la crise en affichantsa combativité.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 15 Novembre 2012 / Région /

 

 
Florange est emblématique du marasme de la sidérurgie, mais toutes nos entreprises sont en difficulté », rappelle d'emblée Didier Zint, réélu hier à la tête du syndicat CFDT de la métallurgie et de la sidérurgie Nord-Lorraine. La vingtaine de délégués qui se sont succédé à la tribune du congrès du syndicat, réuni durant deux jours à Serémange-Erzange, l'ont tous souligné : aciéristes, fondeurs, sous-traitants de l'automobile connaissent la même crise, face à laquelle les amortisseurs sociaux paraissent bien faibles. Au premier rang d'entre eux, le chômage partiel n'est qu'une « solution d'urgence », estime la CFDT, qui réclame plus d'anticipation. « Il reste tout un travail à faire pour promouvoir la formation à la place du chômage partiel », souligne Didier Zint, « tant pour surmonter les appréhensions des salariés que pour convaincre les entreprises de l'intérêt qu'elles ont à disposer de personnels plus qualifiés ».

La réactivité est d'autant plus nécessaire que, malgré les difficultés, « la sidérurgie lorraine n'est pas aussi moribonde que l'impression générale peut le laisser supposer », affirme le rapport moral soumis au congrès. Didier Zint cite ainsi l'exemple de Tata Steel, à Hayange, où le syndicat se félicite d'avoir appuyé la direction pour permettre en 2008 la ligne de production des rails TGV de 108 mètres. C'est dans le même esprit que la CFDT milite encore en faveur du projet Ulcos, dans l'attente d'un éventuel repreneur... « On peut décider de réaliser la partie captage sans attendre l'Europe ; ce serait un atout pour le repreneur », affirme Didier Zint.

Dans ce contexte tourmenté, le syndicat affiche une certaine combativité. Malgré la baisse des effectifs salariés, surtout dans la sidérurgie, le contingent de syndiqués reste stable depuis 2005, avec de nouvelles sections notamment dans le bassin de Briey. La mise en oeuvre de la loi sur la représentativité syndicale a révélé des fortunes diverses, raconte Didier Zint : « Sur notre trentaine de sections, nous sommes restés au-dessus des 10 % dans toutes les entreprises, et la nouvelle loi nous a permis de bénéficier en cas de besoin de représentants syndicaux, comme chez Lindal, à Briey. »

Encadré des secrétaires généraux adjoints Jacques Minet et Cédric Reuter, Didier Zint a été chargé d'un troisième mandat de quatre ans pour mettre en oeuvre une « résolution générale » dont l'axe prioritaire reste l'emploi. « La nouvelle donne politique nous permet d'être mieux entendus, affirme-t-il. C'est pourquoi nous devons plus que jamais jouer notre rôle de force de propositions. »

B. M.