La CPAM de la Moselle supprime des permanences

Publié le 07/02/2012
Un projet de réorganisation de l'accueil délocalisé de la CPAM de Moselle vise à supprimer vingt-sept permanences dans le département qui en compte quarante-trois. Les syndicats condamnent l'initiative.
La CPAM de la Moselle supprime des permanences
La CPAM de la Moselle supprime des permanences
Un projet de réorganisation de l'accueil délocalisé de la CPAM de Moselle vise à supprimer vingt-sept permanences dans le département qui en compte quarante-trois. Les syndicats condamnent l'initiative.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 07 Février 2012 / Moselle Actualités /

 

 

Le conseil d'administration de la CPAM de Moselle, le 2 février dernier, a envisagé un plan de réorganisation de l'accueil délocalisé. Photo Archives RL/Julio PELAEZ

Amnéville, Aumetz, Cattenom, Rombas, Yutz, Maizières-lès-Metz, l'Hôpital ou encore Farébersviller : supprimées ! Et dix-neuf autres permanences délocalisées de la CPAM de Moselle sont également touchées.

Le conseil d'administration de la Caisse primaire d'assurance-maladie de Moselle vient, en effet, d'adopter une réorganisation de l'accueil décentralisé conduisant à la suppression des permanences dans de vingt-sept communes du département. Ce que dénoncent les syndicats FO, CGT et CFDT qui s'y sont opposés. « Aucun argument de rentabilité ne saurait être invoqué quand il s'agit de détruire le maillage social qui couvre les agglomérations les plus reculées de la Moselle, indique Alexandre Tott, secrétaire général de Force ouvrière. La direction de la CPAM pointe du doigt les moyens importants consacrés à cet accueil décentralisé pour répondre seulement, toujours selon la direction, à 41 000 visites. Mais 41 000 visites d'assurés sociaux, pour l'essentiel des personnes âgées ou de personnes en situation de précarité, ne seraient plus dignes d'être traitées efficacement, socialement et humainement ! ».

Avec cette suppression de vingt-sept permanences, la CPAM de la Moselle ne tiendrait plus, à l'avenir, que seize rendez-vous, dont certains à horaires réduits. C'est le cas à Hayange, Moyeuvre-Grande, Sierck-les-Bains et Uckange.

Troisième plate-forme téléphonique

Pour Jean-Marie Beugnette, directeur de la CPAM de Moselle, il s'agit davantage d'un projet global d'amélioration du service, l'objectif étant de « revisiter notre stratégie d'accueil pour répondre aux besoins des gens ». Le directeur explique que la plate-forme téléphonique de la CPAM de la Moselle est la 3e de France. « On y reçoit 50 000 appels par mois. Aujourd'hui, on estime que 85 % de ce que l'on traite en permanence peuvent l'être sans permanence ».

De plus, l'Assurance-maladie mosellane assure travailler pour se rapprocher des institutions et ainsi venir en aide aux publics fragiles. « On fait, par exemple, des partenariats avec l'Udaf, Emmaüs, la prison... », poursuit Jean-Marie Beugnette.

Bien entendu, le patron de la CPAM de Moselle ne cache pas les suppressions de permanences, mais il relativise : « Ce ne sont que 5 % des contacts de la CPAM, soit un peu moins de 50 000 contacts sur un million. Franchement, en 2012, plusieurs permanences dans un secteur de 15 km, comme à Thionville-Ouest et Thionville-Est, sont-elles encore justifiées ? Et il ne s'agit pas non plus de créer des zones désertiques, sans assurance-maladie. À Bitche, par exemple, nous avons fait le choix de maintenir une permanence. Et ce n'est pas pour une raison économique ! »

Reste à Jean-Marie Beugnette, maintenant, à expliquer cette réorganisation aux maires des communes concernées...

Ludovic BEHRLÉ.