La ligne est rétablie entre Saint-Denis et Florange

Publié le 03/03/2012
Direction et syndicats ont renoué le dialogue, hier à Saint-Denis, au siège social d'ArcelorMittal, lors du CCE. Mais des incertitudes demeurent.
La ligne est rétablie entre Saint-Denis et Florange
La ligne est rétablie entre Saint-Denis et Florange
Direction et syndicats ont renoué le dialogue, hier à Saint-Denis, au siège social d'ArcelorMittal, lors du CCE. Mais des incertitudes demeurent.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 03 Mars 2012 / Région

Un simple coup de fil et on bloque tout. C'est reparti comme en quarante. » 9h20 hier, devant le siège vitré ultramoderne d'ArcelorMittal à Saint-Denis, dans le nord francilien. Jean-Marc Vecrin, délégué CFDT, arrive remonté. Moins de deux heures plus tard, à la pause du comité central d'entreprise, il téléphone à Florange. Les salariés descendent sur la voie ferrée mosellane (lire ci-dessus). La voix posée, le délégué syndical se veut d'abord positif : « On est déjà à un autre niveau de discussion. Geert Van Poelvoorde, patron de la Division Nord, répond plus précisément aux questions. On a des explications. Le problème, c'est qu'elles ne nous rassurent pas. »

Car là où Nicolas Sarkozy parle avec beaucoup d'assurance au futur au moment d'évoquer le redémarrage du P6, la direction d'Arcelor préfère conjuguer l'avenir au conditionnel. Une nuance de taille : « Geert Van Poelvoorde a relativisé les propos du Président. Le redémarrage est conditionné à beaucoup trop de choses », grimace le délégué. « Jusque-là, la stratégie de la direction était de dire que cette somme serait investie six semaines avant un rallumage. Aujourd'hui, on nous dit que l'investissement va être fait mais ne sera pas synonyme de reprise. Le discours est très axé sur le marché, l'économie, l'Europe. Mais on ne nous donne pas de date. Il est question de faire le point sur le taux de commandes à la mi-mai. Aucun ordre de redémarrage n'est prévu d'ici là », explique-t-il, avant la reprise de séance. Une nouvelle heure s'écoule. Il est près de 13h lorsque François Pagano, de la CFE-CGC, réapparaît dans le hall pour annoncer la fin du comité : « Il y a des éléments propices à une accalmie. D'autres trop incertains. On a eu devant nous un patron qui m'a convaincu de sa volonté de ne pas détruire le site de Florange. Il nous a rappelé qu'il s'agissait d'un fleuron mondial de la sidérurgie, qui fabrique tous les produits nobles du groupe. Il nous a aussi rassurés sur Ulcos. Si le projet se fait, ArcelorMittal mettra sur la table les millions d'euros nécessaires. »

« Un petit gestepour nous calmer »

Aucun des délégués ne crache sur les investissements annoncés. « C'est une bonne nouvelle. Ils avaient déjà été demandés mais avaient jusque-là toujours été refusés », explique Xavier Le Coq, de la CFE-CGC. Mais ils ne suffisent pas. Florange reste trop tributaire du marché : « Si le taux d'activité de commandes reste égal à celui du deuxième trimestre, c'est-à-dire plus de 3,5 millions de tonnes, on aura absolument besoin de huit hauts fourneaux. L'un s'arrêtant à Dunkerque, il est possible que le numéro six de Florange soit redémarré », analyse François Pagano. Mais pour le savoir, il faudra attendre la mi-mai. Soit juste après la présidentielle, quand le tourbillon médiatique et politique sera retombé.

Le rendez-vous tardif laisse amer. Et si Arcelor n'avait fait qu'acheter la paix sociale ? Jean-Marc Vecrin n'est pas loin de le penser : « Si seulement une annonce d'investissements sur l'aciérie avait été faite, on aurait pu revoir notre jugement. Mais pas là. Les 2 MEUR visant à relancer la phase liquide, c'est un petit geste pour nous calmer. »

Les syndicats quittent le siège, perplexes : « On décidera de la stratégie à venir lundi matin à 9h. Aux salariés de se prononcer. »

Philippe MARQUE.