La plate-forme comptable d'ArcelorMittal bloquée

Publié le 06/01/2010
L'avenir des salariés de la plate-forme comptable inscrit à l'ordre du jour du Comité central d'entreprise d'ArcelorMittal... et la CFDT qui lance son action avec blocage complet du service, hier toute la journée. Aujourd'hui, c'est à Florange que se tiendra le comité d'entreprise extraordinaire.
La plate-forme comptable d'ArcelorMittal bloquée
La plate-forme comptable d'ArcelorMittal bloquée
L'avenir des salariés de la plate-forme comptable inscrit à l'ordre du jour du Comité central d'entreprise d'ArcelorMittal... et la CFDT qui lance son action avec blocage complet du service, hier toute la journée. Aujourd'hui, c'est à Florange que se tiendra le comité d'entreprise extraordinaire.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 06 Janvier 2010. / Thionville / Actualité

Céline, Patrick et Lucette … Tous sont dans l'attente de ce que la direction va leur proposer pour compenser la fermeture de la plate-forme comptable.

On s'est donné pour la monter cette USPC en 1999-2000. Rien n'était rodé, les factures arrivaient n'importe comment. Et on s'est débrouillé, se souvient Lucette devant ses collègues qui acquiescent largement. Maintenant que tout fonctionne bien, on nous jette. » L'USPC ? C'est l'unité de service partagé comptable. Une section ArcelorMittal qui emploie soixante-sept salariés, et régit toute la comptabilité du nord de l'Europe. La rumeur de délocalisation circulait déjà il y a un an et en juin l'année dernière, l'annonce est tombée comme pour régulariser une évidence. L'USPC, sise aux Grands Bureaux à Florange, ferme. Ses activités seront délocalisées dès cet été pour partie en Pologne et autre en Inde, « chez Wipro, un ami personnel de M. Mittal », souligne amèrement Edouard Martin pour la CFDT.Inde ou Pologne, pour les comptables concernés, l'histoire est la même et se répète de façon tragique. Une année chargée d'angoisse, des fêtes gâchées, des nuits au sommeil trop léger pour tant de questions sans réponse : « On ne peut même pas chercher du travail avant de savoir exactement à quoi s'en tenir. On ne sait pas si demain on aura une paye, alors quand on est seule avec un enfant, on fait quoi ? »Hier, le personnel avait répondu à l'appel lancé par la CFDT. « Déjà avant les fêtes de fin d'année, on avait montré notre détermination en pénétrant dans la salle du Comité d'entreprise. Ce qu'on veut, affirment les salariés, c'est savoir ce qu'on va devenir. » Et s'il n'y avait qu'un seul souhait, ce serait, « de conserver notre job ».
Le syndicat exige des reclassements dans le bassin d'emploi, « on espère garder nos années d'ancienneté », avoue Lucette qui affiche trente années d'ArcelorMittal. A ses côtés, René, domicilié à Uckange et Robert, à Budling, en totalisent trente-six et quarante. Tous se regardent et murmurent en baissant le regard, « on va voir ce qu'ils vont nous proposer ». Hier, se tenait à Paris le comité central d'entreprise. Aujourd'hui, à Florange, place au comité d'entreprise extraordinaire. L'action d'hier ne faisait que sonner les trois coups de plusieurs mois de négociations. « On ne relâchera pas la pression d'ici avril-mai. C'est sur cette période que tout va se jouer, explique Edouard Martin. Le 1er juillet, tout sera fini. La plate-forme n'existera plus. »
Céline, dix ans d'USPC, Patrick, dix ans également, s'interrogent. « Un an d'incertitude, des fêtes de Noël mal vécues », les vacances d'été ne s'annoncent guère joyeuses non plus. « Etre au chômage, en ce moment, c'est pas ce qu'il y a de plus réjouissant, » lance un collègue. Et puis, avec ce sourire désabusé, les plus anciens rapportent : « Les Polonais, 'nos amis' comme ils disent, c'est à nous de les former, de leur apprendre ce qu'on a su nous-mêmes mettre en place. Ils nous rappellent qu'on doit être pros jusqu'au bout. Ils appellent ça du gagnant-gagnant. » En langage courant, on ne parlerait pas plutôt de cynisme ?