Le blocus est levé le dialogue reprend

Publié le 11/09/2010
Les grévistes de la communauté d'agglomération ont levé, hier, leur blocus. Si des camions circulent à nouveau, la grève continue. Les discussions devraient reprendre ce matin.
Le blocus est levé le dialogue reprend
Le blocus est levé le dialogue reprend
Les grévistes de la communauté d'agglomération ont levé, hier, leur blocus. Si des camions circulent à nouveau, la grève continue. Les discussions devraient reprendre ce matin.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 11 Septembre 2010 / MTZ
 
Un camion-benne rentre au dépôt après sa tournée, devant les manifestants qui espèrent beaucoup du rendez-vous de ce matin avec Jean-Luc Bohl. Photo Maury GOLINI 

Des paroles aux actes, Jean-Luc Bohl n'a mis que quelques heures pour faire ce qu'il avait laissé sous-entendre la veille. Le président de Metz-Métropole a lancé, hier, une action judiciaire d'urgence afin de débloquer la situation dans le conflit qui oppose l'agglomération a une partie de ses agents de catégorie C, qui réclament toujours une prime de 70 EUR.

Avant même de passer les portes du tribunal, les grévistes ont levé les barrières pour permettre à des camions-benne de circuler et de ramasser les poubelles. Si le souci d'apaisement semble général, la situation reste fragile. Les manifestants attendent « maintenant de l'argent ». Retour sur une journée pleine de rebondissements.

9h15. Devant le centre technique communautaire de Metz-Borny, les fonctionnaires en grève affichent le sourire après une deuxième nuit passée à la belle étoile. Pourtant, les leaders supposés du mouvement viennent d'apprendre qu'ils sont assignés en référé pour entrave à la liberté de travail par leur employeur.

« On tient le coup, certifie Djemel Benkerroum, le leader CFDT. Le moral est bon. On continue comme ça. Pour le moment, il n'y a pas de raison que l'on bouge. »

11h25. En assemblée générale, les manifestants décident de lever le blocus devant le local technique de Borny. La barrière obstruant la voie est levée : plus rien ne s'oppose à ce que les camions-benne reprennent le travail. En revanche, les manifestants n'entendent pas reprendre le leur et maintiennent leur campement à Metz-Borny. « On a choisi cette solution car on craignait des actes de violence si la justice demandait aux forces de l'ordre de nous déloger », annoncent les représentants syndicaux.

14h. Trois camions seulement sortent du dépôt en direction des lieux prioritaires, « les hôpitaux et les maisons de retraite notamment », indique Metz-Métropole.

15h. Devant le juge des référés, les deux parties face à face démontrent une envie d'apaisement. La levée du blocus, quelques heures auparavant, y est pour beaucoup. Se pose du coup la question de l'utilité de cette audience d'urgence. Metz-Métropole et son avocat, Me Nicolas Olszak, attendent des certitudes concernant la suite des événements. « Qui nous dit que les grévistes ne recommencent pas le blocus ce week-end ? Nous n'avons pas d'indications concernant leurs intentions. »

Après avoir reçu l'assurance que le dépôt communautaire ne serait plus bloqué, et dans un souci de ne pas envenimer les choses, le juge des référés a décidé de renvoyer l'affaire à mardi.

16 h. A la sortie du tribunal, une nouvelle date de rendez-vous entre les parties tombe : Jean-Luc Bohl recevra une délégation de grévistes ce matin, à 11h.

Les agents attendent des assurances de leur président. « Ce n'est pas la peine de nous réunir s'il n'y a rien à proposer. C'est évident qu'ils ont des choses à nous offrir », espère Jean-Marie Fregoni, secrétaire général CFDT Interco, venu soutenir les manifestants. « Ils ont déjà prévu ce qu'ils allaient faire en cas d'échec des négociations », glisse Me Philippe De Zolt, l'avocat du syndicat.

19 h. Des agents non grévistes commencent la tournée de nuit. Les manifestants assistent au ménage, avec un petit sourire au coin des lèvres. Beaucoup de travail les attend. Il faudra plusieurs jours pour absorber les ordures restées dans la rue depuis mercredi. « Et le message a été passé à tout le monde : il faut ralentir au maximum le ramassage, indique Jean-Marie Fregoni. On a demandé aux agents de ne pas trop en faire... »

Kevin GRETHEN.