Le décret qui entérine l'éclatement de la "minière"

Publié le 25/09/2011
Peu d'affiliés en ont entendu parler. Les syndicats, quant à eux, sont bien au courant. Le 30 août dernier, Xavier Bertrand, le ministre du Travail et de la Santé, a signé un décret, qui valide notamment la fusion de la Carmi avec la Caisse autonome nationale (lire RL du 1er septembre).
Le décret qui entérine l'éclatement de la "minière"
Le décret qui entérine l'éclatement de la "minière"
Peu d'affiliés en ont entendu parler. Les syndicats, quant à eux, sont bien au courant. Le 30 août dernier, Xavier Bertrand, le ministre du Travail et de la Santé, a signé un décret, qui valide notamment la fusion de la Carmi avec la Caisse autonome nationale (lire RL du 1er septembre).

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 25 Septembre 2011 / THI

« C'est le début de la fin, déplore Jean Markun pour la CGT des mines. L'administration prend la main. C'est Paris qui donne les ordres et la Carmi ne fait que répercuter. » Geneviève Marchal, la responsable du collectif Femmes et Veuves de mineurs, renchérit : « la Carmi est en train d'éclater. C'est la chronique d'une mort annoncée ».

En effet, même si le décret garantit entre autre aux affiliés le remboursement des soins à 100 % et aux salariés de la Carmi leur emploi, il annonce à l'article 80 que « la gestion des prestations d'assurance-maladie, maternité et congé paternité, décès, la gestion des accidents du travail et des maladies professionnelles et la gestion de l'offre de soins sont transférées, le 31 décembre 2013 au plus tard, au régime général d'assurance-maladie ».

Dans ce contexte, l'intersyndicale CGT et CFDT du Bassin Houiller et les mineurs de fer CFDT appellent tous les affiliés et leurs familles à manifester le jeudi 29 septembre, à 15 h, sur la place d'Armes de Metz. Une mobilisation visant justement à revendiquer « l'abrogation du décret du 30 août [...]; la gratuité réelle des soins et de l'ensemble des prestations ; le maintien du régime minier, de sa caisse, de l'assurantiel, de l'action sanitaire et sociale, et le maintien de l'offre de soin du régime minier de sécurité sociale dans les différents bassins ».

La preuve par l'exemple

Et au final, les problèmes de médecins dans la vallée de la Fensch et le Pays-Haut ne sont que la preuve par l'exemple de ce qui attend les affiliés de la sécurité sociale minière. Dans le Bassin Houiller, d'autres signes annoncent la fin de la 'minière'. Comme par exemple le refus récent de prendre en charge la cure des mineurs à la retraite en tant qu'accident de travail. Actuellement, près de deux cents recours ont été déposés et sont en cours d'expertise.

Qu'il s'agisse des gueules jaunes ou des gueules noires, ils se sentent délaissées. « On a esquinté notre santé, dès notre plus jeune âge. On a bien servi et voilà comment on nous remercie ! », ne décolère pas un retraité. Tous ne montent pas au créneau. Certains décident simplement de se trouver un médecin dans le régime général. « Les gens s'habituent au pire malheur. Il y a de la protestation mais elle ne s'exprime pas directement », regrette Jean Markun.

Cet éclatement du régime minier touche aussi les veuves. « 90 % d'entre elles vivent dans la précarité, avec moins de 900 EUR par mois, rappelle Geneviève Marchal. Et avec le non-remboursement des frais de déplacement, beaucoup ne peuvent plus se faire soigner correctement ! »