Le député Pierre Lang chahuté devant le siège de la Carmi

Publié le 08/06/2011
Le personnel Carmi-est était déjà en grève hier au siège de Freyming. Une centaine de personnes ont manifesté pour la garantie de l'emploi. Pierre Lang a été vertement interpellé.
Le député Pierre Lang chahuté devant le siège de la Carmi
Le député Pierre Lang chahuté devant le siège de la Carmi
Le personnel Carmi-est était déjà en grève hier au siège de Freyming. Une centaine de personnes ont manifesté pour la garantie de l'emploi. Pierre Lang a été vertement interpellé.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 08 Juin 2011 / STA
 

 

Les manifestants ont affiché leur défiance vis-à-vis des propositions du gouvernement. Photo Philippe RIEDINGER.

Les services sont fermés exceptionnellement aujourd'hui, avant fermeture définitive des grilles au 31 décembre 2012'. Sur le perron d'entrée du siège social de la Caisse régionale de sécurité sociale minière, l'inscription détonne. Sur les vitres des bureaux, de nombreuses affiches disent également toute la détresse du personnel de la Carmi.
Une centaine de manifestants

Hier matin, avant même le rassemblement prévu l'après-midi à Saint-Avold, une centaine de salariés ont établi un piquet de grève devant les locaux Carmi de Freyming-Merlebach . « Nous profitons du mot d'ordre de l'intersyndicale concernant la défense du régime minier, menacé de liquidation (Lire ci-dessus), mais c'est aussi à l'initiative du personnel que d'exprimer par ce mouvement nos inquiétudes quant à notre avenir et à nos emplois », indique Nadine Veber.

Car dans le cadre des orientations gouvernementales concernant le régime minier, le statut des personnels est aussi dans la balance. À la base, le personnel avait la garantie de conserver son statut. « Aujourd'hui, nous allons être intégrés dans le Régime général. Cela signifie la perte de nos avantages en nature liés à la convention minière. Mais cela représente surtout une véritable menace pour nos emplois. Je ne suis pas sûr que nous soyons les bienvenus dans les services des Ucanss (Union des caisses nationales de la sécurité sociale) où on nous dit déjà qu'ils sont en sureffectif. Où est notre place dans ce dispositif ? Va-t-on être victime de mutations forcées ? Nous, on exige du gouvernement le respect de la parole donnée, c'est-à-dire de ne pas toucher à notre statut et de garantir et sécuriser nos emplois. »

'Il faut sauver nos emplois'

De 9 h à 11 h 30, les manifestants ont ainsi distribué des tracts, au rond-point devant la Carmi-est, aidés par les syndicats, notamment CFDT et CGT. Le tout dans la bonne humeur, mais avec détermination. La circulation n'a pas été bloquée, mais simplement filtrée, de façon à pouvoir discuter avec la population.

« Dans le même esprit, même si les bureaux sont fermés, nous n'avons pas voulu que les affiliés trouvent porte close. C'est pourquoi nous les accueillons pour discuter. Car c'est aussi pour eux que l'on se bat, puisqu'il s'agit de défendre une médecine et un service de proximité, avec des agents qui connaissent bien les problématiques des affiliés », défend Dominique Carreau.

Le député sous les huées

Vers 10 h, Pierre Lang est venu à la rencontre des manifestants. Sous les huées, les quolibets, le député a eu du mal à faire entendre sa voix. « Je peux vous assurer que le gouvernement vous garantit le choix du statut », insiste le parlementaire UMP. « Je suis personnellement intervenu pour évoquer la situation des personnels de la Carmi et j'ai obtenu une réponse en ce sens », assure Pierre Lang. « Ce n'est pas vrai. Vous nous mentez ! On ne peut pas avoir confiance en ce gouvernement. Vous voulez liquider le régime minier, et nous avec ! », lâche les manifestants.

Un dialogue de sourds s'installe, chacun campant sur ses positions. Le débat dérape même sur la gestion de la ville, le PTU, etc.

Après une demi-heure d'un échange vif mais stérile, le député est reparti et les manifestants ont repris la distribution de tracts. En attendant d'aller manifester l'après-midi à Saint-Avold.

Bertrand BAUD.