Le nouveau décret qui met les mineurs en rogne

Publié le 08/09/2010
Cet été, un décret a fixé au 1er septembre la fin des entrées dans le régime minier. Les mineurs CFDT réagissent les premiers par la voix de Luc Meichelbeck.
Le nouveau décret qui met les mineurs en rogne
Le nouveau décret qui met les mineurs en rogne
Cet été, un décret a fixé au 1er septembre la fin des entrées dans le régime minier. Les mineurs CFDT réagissent les premiers par la voix de Luc Meichelbeck.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 08 Septembre 2010 / FOR
 

 

En mai dernier, la corporation minière, en intersyndicale, avait massivement protesté, dans les rues de Forbach, afin de réclamer la garantie de la gratuité des soins pour les affiliés du régime minier mise à mal par un décret. Cet été, les textes sur les droits des mineurs ont encore évolué et la CFDT appelle déjà à une nouvelle riposte. Photo Philippe RIEDINGER

Le Républicain Lorrain : Le gouvernement ferme l'entrée dans le régime minier. Vous deviez vous y attendre, non ?

Luc Meichelbeck : « C'est bien une nouvelle attaque contre les mineurs. Bien sûr, cette fermeture du régime, on s'y attendait mais pas aussi vite. Comme toutes les planches pourries, la nouvelle est tombée en plein été. On se rappelle du décret supprimant certains remboursements de santé. Il avait été pris... le 31 décembre dernier et il avait suscité un tollé.

Les mineurs ne demandent pas grand-chose. Ils veulent juste que les avantages décrochés par statut en 1946 soient maintenus jusqu'à ce que tout le monde soit sorti du dispositif. Là, on change les règles en cours de route. Même si c'est la fin de la route, ce n'est pas correct. La fin arrivera naturellement de toute façon.

On ne comprend pas l'empressement de nos gouvernants à fermer un régime. Cela ne sert à rien pour le peu de personnes que cela concerne encore ».

Justement, de toute façon, plus personne ne peut prétendre à entrer dans le régime minier ?

« C'est faux. On ne le dit pas assez mais il reste des mines en France. Comme les mines de sel à Varangéville ou des mines d'ardoise près d'Angers. Si ces mines venaient à embaucher, que se passerait-il en terme de pénibilité ? Ces nouveaux mineurs seraient automatiquement versés au régime général et devront travailler jusqu'à 62 ans, peut-être plus encore. On le voit, ce sujet peut facilement rejoindre le débat sur les retraites ».

L'attribution de combustible est remplacée par une prime de chauffage. Cela paraît positif. Pourtant, vous le dénoncez ?

« Quasiment plus personne ne reçoit de combustible sous forme de coke, c'est vrai. Ce sont des ajustements mais nous en faisons une question de principe. Dans nos échanges avec le ministère de l'Industrie, on nous avait promis de nous informer des projets de décrets modificatifs. Mais, encore une fois, on découvre des choses en lisant le Journal officiel.

Les représentants de la population minière n'ont été consultés à aucun moment pour les derniers décrets. Et ça a le don de nous énerver.

On nous dit 'On discute, on vous écoute' mais, au final, ils font bien ce qu'ils veulent. Parfois, une ligne modifiée peut impliquer des sujets très sensibles.

Et les technocrates qui changent les textes ne le savent pas ».

Vous allez pousser un nouveau coup de gueule ?

« Les mineurs CFDT appellent l'ensemble des organisations syndicales à une riposte commune.

Au Chili, le gouvernement fait tout pour sauver les mineurs. En France, le gouvernement fait tout pour nous enterrer. Cela suffit.

Si on laisse faire, un de ces jours, le gouvernement abrogera purement et simplement le décret de 1946 sur les droits des mineurs sans concertation.

Et là, on fera quoi, nous ? »

Propos recueillis par Stéphane Mazzucotelli.