Le personnel enterre son service de réanimation

Publié le 15/12/2011
Éloge funèbre du service de réanimation hier après-midi à l'hôpital de Freyming-Merlebach. À l'appel de la CFDT Mineurs, le personnel a suivi le cercueil de la réa marquant ainsi son mécontentement et son inquiétude.
Le personnel enterre son service de réanimation
Le personnel enterre son service de réanimation
Éloge funèbre du service de réanimation hier après-midi à l'hôpital de Freyming-Merlebach. À l'appel de la CFDT Mineurs, le personnel a suivi le cercueil de la réa marquant ainsi son mécontentement et son inquiétude.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 15 Décembre 2011 / FOR + STA

 

 

Guy Kuhnen, secrétaire général du syndicat CFDT Mineurs, a fait l'éloge funèbre du service de réanimation, dont la fermeture officielle est prévue ce vendredi. Photos Philippe RIEDINGER.

Nous sommes rassemblés ce jour pour dire un dernier adieu à notre service de réanimation. Nous pensons très fortement à ceux et celles qui ont vu naître ce service, nous pensons à des personnalités comme les Drs Basinot ou Dumas qui ont oeuvré pour en faire un service de renommée régionale. À nos personnels disponibles dévoués et compétents qui ont porté à bout de bras ce service au fil des quarante dernières années. » C'est Guy Kuhnen, secrétaire général du syndicat CFDT Mineurs, qui a lu hier l'éloge funèbre de la réanimation de l'hôpital de Freyming-Merlebach. Autour du cercueil, porté par des syndicalistes en tenue de mineurs, une soixantaine de manifestants (le personnel de l'hôpital) tristes et inquiets quant à leur avenir. « Le service ferme demain, (N.D.L.R. : ce vendredi 16 décembre). Les trois derniers malades seront transférés d'ici là, constate Guy Kuhnen. Mais on ne sait toujours pas ce que va devenir le personnel de la réa. Pour l'instant, les gens sont en congés payés jusque début janvier. »
Le coeur de l'hôpital arraché

Infirmière depuis 29 ans, Josiane était en poste depuis onze ans et demi au service de réanimation. « J'ai un pincement au coeur de quitter cette équipe unie », confie la professionnelle, chagrinée de vivre la fermeture de ce service de pointe. « Nous y avons tous travaillé main dans la main, ce n'est pas facile de perdre ses collègues de travail. » Malgré sa grande expérience de la réa, Josiane a fait le choix de rester sur le site de Freyming-Merlebach, « mais je ne sais pas encore dans quel service. J'attends ma nouvelle affectation. »

« Aujourd'hui, on arrache le coeur de notre hôpital, comment fera-t-il pour y survivre et dans quelles conditions », fustige Guy Kuhnen, en dénonçant « l'intransigeance comptable et budgétaire de l'État, via l'ARS (Agence régionale de la santé), l'absence de loyauté et de coopération du groupe Hospitalor. »

Un gâchis humain et professionnel

Le service de réanimation est transféré à Saint-Avold. « Mais il n'y a aucun personnel de Freyming-Merlebach transféré, note Luc Meichelback, secrétaire général adjoint de la CFDT Mineurs. La Carmi a signé la mise à disposition mais Hospitalor traîne des pieds car ce personnel expérimenté coûte trop cher. La direction préfère recruter des jeunes infirmiers sortis de l'école et les formater. » Le syndicaliste ne décolère pas devant « ce gâchis humain et professionnel. La technicité que possède ce personnel compétent va être perdue. »

Ne croyant plus au projet de PTU, les personnels hospitaliers s'interrogent sur le plan de route mis en place par l'ARS le 17 décembre 2010, « il y a une hypocrisie entre les annonces faites et sur ce qui se passe vraiment sur le terrain », soulignent certains manifestants, regrettant que la direction de chaque hôpital ne joue pas le jeu.

« Ce qui est menacé aujourd'hui c'est la sécurisation des personnels mais aussi l'offre de soins aux patients », remarque un infirmier, ne cachant pas ses craintes concernant l'avenir de la santé dans le Bassin houiller.

J. B.