Le redéploiement de personnels au menu

Publié le 24/06/2011
Une bonne centaine de personnels de la PMI ont occupé hier matin les sièges des auditeurs. En jeu, l'avenir de 39 d'entre eux.
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Le redéploiement de personnels au menu
Une bonne centaine de personnels de la PMI ont occupé hier matin les sièges des auditeurs. En jeu, l'avenir de 39 d'entre eux.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 24 Juin 2011 / MMN /
 

 

La PMI est un service dépendant du conseil général. Photo Frédéric LECOCQ

Plus d'une centaine de salariés de la PMI, protection maternelle et infantile, service dépendant du conseil général, attendait hier matin les élus qui entraient en séance. Les pancartes et banderoles multicolores oscillaient sous la bise, seule manquait à l'appel de l'intersyndical l'étendard de la CFDT.

Depuis un mois, les agents de la PMI sont en colère contre le Département. En effet, confronté à des difficultés financières dues à la non-compensation exacte par l'État des dépenses sociales transférées (allocation personnalisée d'autonomie, prestation de compensation du handicap et RSA), celui-ci est contraint de travailler à « moyens constants », martèle à de nombreuses reprises Michel Dinet, le président. Pour le Département, le manque à gagner s'élève à 200 millions d'euros.

Devant cet état de fait, le conseil général a hiérarchisé ses priorités sociales, en tête les personnes âgées, les personnes dépendantes et l'insertion. La PMI n'arrive qu'après. La majorité a donc décidé de déshabiller Paul pour habiller Jacques, elle redéploie 39 postes des missions de prévention spécialisée, de PMI et d'habitat-logement vers les trois secteurs prioritaires, comme le rappelle Mathieu Klein, PS Nancy-Nord, dans son rapport. « Nous ne comprenons pas cette décision. Les besoins d'accompagnement s'amplifient avec la crise, le chômage et la précarité. Nous découvrirons les conséquences de cette politique dans les années à venir », prédit Bertrand Gosselin, délégué CGT du personnel.

L'examen du redéploiement a rempli l'ordinaire de la matinée d'hier. Le regard rivé sur son budget, Michel Dinet ne dévie pas de son cap. « Je ne défends aucun choix, je les assume. Mais nous sommes dans un contexte imposé. Je n'ai constaté aucune contre-proposition », dit-il plusieurs fois en regardant son opposition.

Lueur d'espoir

Justement celle-ci ne comprend pas l'obstination du leader de la majorité. « Notre protection maternelle et infantile est un exemple pour les autres départements. Je pense qu'il faudrait redonner la possibilité d'une concertation plus forte », assure Marc Saint-Denis, du groupe des Démocrates indépendants. Il souhaite le retrait du rapport. « Les réflexions, les échanges ne sont pas aboutis. J'ai posé des questions qui sont restées sans réponse », argumente Jean-François Husson, pour le groupe de l'Union de la droite et du centre. Il demande aussi le retrait temporaire de la délibération « le temps d'une réflexion durant l'été afin de parvenir à une position commune et unanime ». Peine perdue, Michel Dinet, arc-bouté sur sa position des moyens constants et des priorités, ne baisse pas les armes. Mais il reste une petite lueur d'espoir aux 130 agents de la PMI. Jeudi prochain, les départements de France devraient connaître le résultat de leur question prioritaire de constitutionnalité sur le problème de la non-compensation des charges transférées. « Si les éléments s'inversent, je remets en cause immédiatement cette délibération. » En attendant les salariés poursuivent leur mouvement et se retrouvent ce matin devant les portes du conseil général.

M.-O.N.