Le sentiment général d'un « immense gâchis »

Publié le 28/06/2012
Le 1er juillet 2011, les services de maternité et de pédiatrie d'Hospitalor Saint-Avold fermaient définitivement leurs portes. Un an après, les acteurs de cette difficile période reviennent sur l'événement.
Le sentiment général d'un « immense gâchis »
Le sentiment général d'un « immense gâchis »
Le 1er juillet 2011, les services de maternité et de pédiatrie d'Hospitalor Saint-Avold fermaient définitivement leurs portes. Un an après, les acteurs de cette difficile période reviennent sur l'événement.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 28 Juin 2012 / FOR
 

 

Avant la fermeture des services en juillet 2011, les salariés avaient manifesté de nombreuses fois. Photo Archives/Delphine DE LUCIA

Hospitalor n'est pas encore sauvé. En août, un second plan de sauvegarde de l'emploi sera finalisé. Les finances, elles, sont toujours dans le rouge, malgré l'adossement de l'association SOS. Les transferts de certains services qui devaient être réalisés dès la rentrée dernière ont tardé à venir. Pour autant, chacun garde espoir de voir leur association hospitalière sortir la tête de l'eau. Un espoir à la hauteur des sacrifices déjà fournis par les salariés et la population. En tête de liste, la fermeture, le 1er juillet 2011, des services de maternité et de pédiatrie d'Hospitalor Saint-Avold.

« Nous avons le sentiment d'un immense gâchis, insistent Marc Reisdorf, représentant syndical FO et Abdel Ghezal, représentant CFDT. Surtout sur le plan humain. Dans ces deux services, nous avions des compétences reconnues au niveau national. Tout a été perdu à cause de l'incompétence des dirigeants de l'époque. » Les deux syndicalistes sont amers. Pendant des mois avant la fermeture, ils ont lutté aux côtés des salariés, tentant même d'empêcher l'inévitable devant les tribunaux. « Pour nous, ces services étaient économiquement viables contrairement à ce que soutenait la direction. Nous étions loin des 2 MEUR annoncés. Nous avions d'ailleurs fait valoir des expertises indépendantes qui montraient l'impact de cette fermeture sur les autres services. »

« On s'est tiré une balle dans le pied »

Les représentants mettent également en cause les pouvoirs publics. « L'Agence régionale de santé a eu une logique de rationalisation de l'offre de soins qui a clairement manqué son objectif. En fermant ces services vitrine, on s'est tiré une balle dans le pied. Non seulement, nous avons perdu des spécialités mais surtout, nous avons ressenti une baisse générale de l'activité, poursuit Marc Reisdorf. La maternité, c'est la vie. C'est le commencement, c'est une image positive pour un hôpital. Elle apporte des patients et de la reconnaissance. »

Un an après, les syndicalistes ne semblent pas beaucoup plus optimistes. « Nous entrons dans notre second plan de sauvegarde de l'emploi. Et nous n'avons toujours pas de lisibilité. Les patients sont perdus. Ils ne savent pas dans quel hôpital se faire soigner. Nous ne savons pas nous-même quels services nous possédons encore à Saint-Avold, Freyming-Merlebach ou Forbach. » Une fois encore, Marc Reisdorf et Abdel Ghezal estiment avoir suffisamment tiré les sonnettes d'alarme. « Maintenant, ça passe ou ça casse. On craint vraiment la fermeture définitive de ces hôpitaux. Il faut bien comprendre que si l'un d'entre eux périt, les deux autres périssent avec lui. En tout, nous en sommes à près de 40 MEUR de déficits annuels cumulés sur le Bassin houiller. » Et près de 6 000 emplois en danger, en comptant les sous-traitants des différents établissements. « Nous en appelons une nouvelle fois aux pouvoirs publics. Nous attendons de ceux pour qui nous payons des impôts de prendre leurs responsabilités. Il faut surtout que ce bordel ambiant cesse. C'est urgentissime. »

Emilie PERROT.