Les douaniers en colère

Publié le 13/06/2012
Les douaniers étaient encore dans la rue, hier à Metz, pour dénoncer la suppression de 44 emplois alors qu'un service d'écotaxe doit être créé pour compenser le départ des militaires. Pour eux, c'est « une supercherie ».
Les douaniers en colère
Les douaniers en colère
Les douaniers étaient encore dans la rue, hier à Metz, pour dénoncer la suppression de 44 emplois alors qu'un service d'écotaxe doit être créé pour compenser le départ des militaires. Pour eux, c'est « une supercherie ».

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 13 Juin 2012 / Région /

 

 

Une trentaine d'agents ont une nouvelle fois manifesté, hier, devant la direction interrégionale des douanes, à Metz. Photo Maury GOLINI

Abrités sous de grands parapluies aux couleurs des syndicats FO, CGT, CFDT et Unsa, une trentaine d'agents ont une nouvelle fois manifesté, hier, devant la direction interrégionale des douanes, à Metz. Alors qu'ils étaient convoqués en comité technique, ces élus ont décidé de ne pas siéger : « On relaye le malaise profond de nos collègues frappés depuis des années par des suppressions d'emplois et de services sans précédent : 350 emplois en six ans ! », dénonce l'intersyndicale. « On doit faire plus avec moins de moyens. On ne compte plus les déprimes », témoigne Jean-Yves Minet, secrétaire national Unsa. C'est dans ce contexte que l'administration « a décidé de faire un amalgame entre la journée de carence pour maladie et les indispositions », explique-t-il. C'est la goutte qui a fait déborder le vase : « On participera à nouveau aux réunions quand la direction respectera ses engagements ».

Bref, la coupe est pleine. En matière d'engagement non tenu, les douaniers ont été servis : « Pour compenser le départ de 5 000 militai res, Nicolas Sarkozy avait promis la création de 1 500 emplois publics dont la moitié serait des postes de l'Insee - on doute qu'ils viennent ! - et 150 des postes de douaniers », dans le cadre d'un pôle national de prélèvement de l'écotaxe sur les poids lourds, à partir du 1er janvier 2013. Le consortium privé Ecomouv, qui doit s'implanter sur la base aérienne 128, assumera la partie technique du dispositif. Les douaniers se chargeront de redistribuer le produit de la taxe aux collectivités locales françaises. « Finalement, il n'y aura que 120 personnels affectés à cette tâche ! », précisent les représentants syndicaux.

« On a été floué »

Mais alors qu'un service doit être créé, la direction a annoncé la fermeture d'un autre : le centre interrégional de saisie des données de Metz, avec 44 postes. « Ce service est chargé des statistiques (TVA, entrées et sorties des marchandises) du commerce extérieur pour la France. Il traite soixante-dix départements, c'est le plus gros des trois centres existants en France, précise Salvatore Lunesu (FO). Au final, le solde n'est plus que de soixante-seize agents ! On a l'impression d'avoir été floué. C'est une supercherie ! », s'indigne le porte-parole.

L'intersyndicale a rencontré de nombreux responsables politiques pour dénoncer cette situation. La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a envoyé, vendredi, un courrier cosigné, notamment, par le maire de Metz Dominique Gros et le sénateur Jean-Marc Todeschni... au ministre de l'Économie Pierre Moscovici, lui demandant un moratoire. « Un nouveau comité technique se réunit dans quinze jours. La décision sera alors adoptée, même sans notre accord. Il y a urgence ! », souligne l'intersyndicale.

Cé. K.