Les écoles de Moselle amputées de 112 enseignants

Publié le 02/04/2011
A la rentrée, l'académie perdra 841 postes d'enseignants, dont 112 dans les écoles de Moselle. Hier, syndicats et inspection académique ont attaqué le cas du premier degré. Jeudi prochain, c'est au tour de la Meurthe-et-Moselle.
Les écoles de Moselle amputées de 112 enseignants
Les écoles de Moselle amputées de 112 enseignants
A la rentrée, l'académie perdra 841 postes d'enseignants, dont 112 dans les écoles de Moselle. Hier, syndicats et inspection académique ont attaqué le cas du premier degré. Jeudi prochain, c'est au tour de la Meurthe-et-Moselle.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 02 Avril 2011 / Région

112 postes en moins dans les écoles de Moselle. 112 ballons lâchés, hier, devant l'inspection d'académie à Metz. Photo Gilles WIRTZ. 

Entre les ballons multicolores et les sifflets, la manifestation avait presque un air de fête hier matin. Sauf qu'elle se déroulait au pied de l'inspection académique de la Moselle, à Metz, théâtre habituel des revendications. Surtout depuis l'annonce des suppressions de postes à la rentrée : 112 dans les écoles du département.Provoquant ça et là des mouvements d'humeur de parents d'élèves.

Hier, syndicats d'enseignants et inspection d'académie se sont assis à la même table, celle du Comité technique paritaire. Pendant ce temps, dès 9 h, près de 200 enseignants, parents et élus faisaient le pied de grue sous les fenêtres.

« Sur Moyeuvre, ils sont durs... »

Vers 10 h 30, les délégués ressortent. Tous les regards se tournent vers eux. Mais ce n'est que la mi-temps. Eric Zolver, le secrétaire départemental du Sniupp (Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles), lâche pourtant : « Sur Moyeuvre, ils sont durs... ». Les parents de Moyeuvre-Petite sont consternés. Ils se sont mobilisés, en vain, pour sauvegarder leurs deux classes en primaire. « Il va y avoir cinq niveaux dans une classe unique ! », explique une maman. « Il nous manque deux enfants », ajoute-t-elle. 23 sont attendus à la rentrée. Or ,le seuil a été fixé à 25 dans les élémentaires. Et 30 en maternelle.

« Logique comptable ! », dénoncent-ils tous. « Les conditions de travail des élèves et des enseignants vont se dégrader », rappelle le syndicaliste FO, Christian Maas. Midi : dès qu'ils sortent, les délégués sont assaillis. Les manifestants ne sont plus qu'une cinquantaine, mais tout le monde veut savoir ce qu'il adviendra de son école à la rentrée.

Au cas par cas, Eric Zolver les renseigne (lire par ailleurs). Dans la liste «situations conflictuelles» , il cite les retraits à Moyeuvre-Petite et Moyeuvre-Grande. Ainsi que la classe unique de 27 enfants à Filstroff. Ou encore le tribut porté par les quartiers sensibles, comme Borny et Hanneau-Barral à Metz, qui perdent tous deux des classes.

Dysfonctionnement voyant

Sur le papier, il n'est pas question de 112 cas, car la centaine de postes supprimés comprend 45 remplaçants, mais aussi des décharges horaires pour les directeurs d'école (afin qu'ils effectuent leur travail administratif). Sans oublier la sédentarisation des réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté (Rased). « Tout cela, c'est moins voyant mais ça induit un dysfonctionnement », commente Jean-Marc Marx, délégué Sgen-CFDT.

« L'enseignement spécialisé subit une hécatombe : 19 postes de Rased en moins », souligne l'intersyndicale, dans un communiqué. De même qu'elle se demande si les remplacements d'enseignants absents seront encore possibles en Moselle l'an prochain. Aucune donnée n'a été communiquée par l'Inspection académique, qui estime devoir attendre le Conseil départemental de l'Education nationale qui siégera le 6 avril prochain.

« Il y aura aussi un ajustement en juin et un recomptage en septembre », ajoute Laurent Schmitt, délégué départemental FSU (Fédération syndicale unitaire).

Charline POULLAIN.