LES GENS SALVATORE ATTARDO : UNE VIE DE LUTTE

Publié le 11/03/2009
Chez Salvatore Attardo, la lutte est un fil rouge. Il y a eu la lutte syndicale à l'époque des houillères pour ce militant CFDT, mais il y a aussi et surtout la lutte comme discipline sportive. À 53 ans, le Freymingeois brigue le fauteuil de président de la fédération française ce week-end.
LES GENS SALVATORE ATTARDO : UNE VIE DE LUTTE
LES GENS SALVATORE ATTARDO : UNE VIE DE LUTTE
Chez Salvatore Attardo, la lutte est un fil rouge. Il y a eu la lutte syndicale à l'époque des houillères pour ce militant CFDT, mais il y a aussi et surtout la lutte comme discipline sportive. À 53 ans, le Freymingeois brigue le fauteuil de président de la fédération française ce week-end.

 Salvatore Attardo (à droite) en compagnie du lutteur sarregueminois Yannick Szczepaniak lors des Jeux Olympiques de Pékin, au mois d'août dernier.

Le rendez-vous est fixé dans un café de la place du marché de Freyming. Son quartier, sa ville, Salvatore Attardo y est profondément attaché. Son poste de secrétaire général de la fédération française de lutte le conduit pourtant à passer la moitié de la semaine à Paris. «Mon activité me tient là-bas, mais la vie parisienne, c’est pas trop mon truc», explique-t-il. Les retours à Freyming-Merlebach sont réguliers. Besoin de se ressourcer, auprès de sa famille.

C’est aussi dans un café que son histoire d’amour avec la lutte a démarré. C’était en 1966, le petit Salvatore a 11 ans et joue au football. Mais «un dimanche, je me promenais avec mon père en ville. Nous avons vu l’équipe de lutte de Freyming qui attendait devant le bar 'Chez Billard' », se souvient-il. Beaucoup d’Italiens composent l’équipe. La discussion avec le papa, Sicilien émigré, s’engage. «Le mardi, je me suis retrouvé à la séance d’entraînement, dans l’arrière-salle du café. Je ne suis plus jamais sorti du monde de la lutte. » Au fil des années, Salvatore Attardo se construit un beau palmarès. Plusieurs titres de champion de Lorraine, de bons résultats au niveau hexagonal, une belle carrière d’éducateur et d’arbitre national. Puis vient le temps des responsabilités de dirigeant : président du club de son cœur dans les années 80, de la ligue de Lorraine depuis 1993, secrétaire de la fédération française depuis 1997.
Proche de la base
Ce week-end, il brigue le poste de président. Une élection dans un contexte tendu. Trois candidats sont en lice, le Freymingeois espère convaincre. Son projet pour la lutte française s’articule notamment autour d’une relation renforcée avec les athlètes et dirigeants locaux. Pas tout à fait innocent. En plus de son investissement sportif, Salvatore Attardo a traversé sa vie professionnelle au rythme de la lutte syndicale. Cheminot aux HBL, il était aussi et surtout militant CFDT, partie prenante de toutes les mobilisations sociales. De ses années syndicales, l’homme est «toujours resté proche de la base et attaché à tout ça ». Comme une marque de fabrique. En 2001, c’est le moment du congé charbonnier de fin de carrière. Au revoir la mine, Salvatore Attardo s’investit «à fond » dans son sport. Les voyages s’enchaînent en même temps que les grandes compétitions. Il fait partie de la délégation tricolore lors des Jeux Olympiques de 2000, 2004 et 2008. Le dirigeant visite le monde, sans pour autant être tout à fait dépaysé. Dans l’équipe de France, les lutteurs sarregueminois Yannick Szczepaniak et Alain Hassli sont là pour lui rappeler sa Lorraine natale. Une présence que Salvatore Attardo évoque avec fierté. «On les a portés en terme de formation. Ils sont passés par les différentes structures, du club à l’équipe de France en passant par les pôles. » 42 ans après avoir fait ses premiers 'tombés' à l’arrière d’un café, Salvatore Attardo se voit bien accéder au plus haut poste de son sport. Mais c’est promis, il gardera toujours un œil avisé sur le club de Freyming-Merlebach et sa trentaine de lutteurs en herbe.
P. Mi
Publié le 11/03/2009 - Freyming