Les métallos n'ont pas dit leur dernier mot

Publié le 02/05/2012
Mobiliser en musique. Hier à Hayange, le concert, impulsé par le collectif jeunes CGT de l'usine sidérurgique florangeoise en lutte pour sa survie, a attiré les habitants de la Fensch. Avant un premier appel à la grève vendredi.
Les métallos n'ont pas dit leur dernier mot
Les métallos n'ont pas dit leur dernier mot
Mobiliser en musique. Hier à Hayange, le concert, impulsé par le collectif jeunes CGT de l'usine sidérurgique florangeoise en lutte pour sa survie, a attiré les habitants de la Fensch. Avant un premier appel à la grève vendredi.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 02 Mai 2012 / Région /

 

 

Le chanteur Tonton David a créé un nouveau genre musical - le reggae-metal - pour soutenir la cause des sidérurgistes d'ArcelorMittal, hier après-midi à Hayange. Photo Philippe NEU

Le 1er mai, c'est un bon jour pour revendiquer du travail ! » Frédéric Maris et le collectif jeunes CGT d'ArcelorMittal en étaient convaincus, hier après-midi. Sur la scène, devant la mairie de Hayange, Tonton David, MeLL, RIC et d'autres artistes ont répondu à leur appel et donné de la voix gratuitement pour défendre la sidérurgie lorraine, mise à mal depuis des mois par le géant de l'acier.

Organisé avec le soutien de l'intersyndicale CFDT-CGT-FO de l'usine florangeoise, le concert de soutien aux salariés a attiré pas loin de 600 personnes arrivant par vagues successives. Ravies de boire une bière au soleil, d'écouter un peu de musique et évidemment le message de métallos décidés à sauver leurs emplois.

« Ils nous ont pris pour des poires. Mais si l'on est tous ensemble, Babylone fera la culbute ! », scande justement au micro le populaire reggaeman. Reste que mobiliser n'est pas une mince affaire. « On n'est que 10 % des effectifs à lutter pour que le site ne ferme pas. Sur 3 000 personnes, ça ne fait pas lourd mais on y croit ! Les autres vont nous rejoindre ! », espère Thierry l'aciériste travaillant aujourd'hui « un cycle sur deux », faute de mieux. Dans son discours, Lionel Burriello, le porte-parole des jeunes cégétistes, ne le cache pas : « On a le soutien de la population de la vallée de la Fensch mais il faut continuer avec tous les salariés. Depuis onze semaines, on est en guerre contre Mittal et tout le monde est concerné ! » Denis justement. Plutôt discret jusque-là, l'électricien d'Arcelor la joue solidaire en ce jour férié. « D'habitude, je vais à Tucquegnieux pour l'hommage aux mineurs de fer mais vu ce qui se passe... », confie celui qui vit mal, « après 40 ans de carrière », de jongler avec le chômage partiel.

Vendredi, l'appel à faire grève deux heures lancé par l'intersyndicale relèvera d'une toute autre musique.

Virginie DEDOLA.