Les professionnels vaccinés dès aujourd'hui - H1N1 : la vaccination démarre sur fond de polémique

Publié le 22/10/2009
La vaccination des professionnels de santé contre la grippe H1N1 démarre aujourd'hui au CHU de Nancy et au CHR de Metz-Thionville. Beaucoup envisagent de s'y soustraire. Par manque de confiance.
Les professionnels vaccinés dès aujourd'hui - H1N1 : la vaccination démarre sur fond de polémique
Les professionnels vaccinés dès aujourd'hui - H1N1 : la vaccination démarre sur fond de polémique
La vaccination des professionnels de santé contre la grippe H1N1 démarre aujourd'hui au CHU de Nancy et au CHR de Metz-Thionville. Beaucoup envisagent de s'y soustraire. Par manque de confiance.

65 % des infirmiers  et 50 %  des médecins libéraux affirment qu’ils ne  se feront  pas vacciner contre la grippe H1N1.
65 % des infirmiers et 50 % des médecins libéraux affirment qu’ils ne se feront pas vacciner contre la grippe H1N1

Le sondage laisse perplexe. 65 % des infirmiers et 50 % des médecins libéraux affirment qu’ils ne se feront pas vacciner contre la grippe H1N1. Un véritable pavé dans la mare alors que la campagne pour les professionnels de santé démarre progressivement dans 3 000 établissements hospitaliers français. Et dès aujourd’hui au CHU de Nancy et au CHR de Metz-Thionville. En cause : le vaccin. Certains trouvent qu’il a été fabriqué dans la précipitation. D’autres que les adjuvants qui le composent sont susceptibles de provoquer des effets secondaires bien plus néfastes que le virus. «Ces vaccins n’ont pas été testés assez longtemps. On entend parler d’effets secondaires neurologiques graves et même si les risques sont minimes, je ne veux pas être dedans. Je préfère être malade 4 ou 5 jours », indique cette responsable syndicale CGT du CHR. «En tant que personnel de santé, on ne peut pas se permettre d’être un vecteur de transmission à des personnes déjà fragilisées. C’est une question de responsabilité professionnelle. Il faut faire confiance. Il y a eu une autorisation de mise sur le marché. Vu le nombre de doses prévues, il serait kamikaze de proposer un produit qui ne tient pas la route », lui répond Catherine Morel, de la CFDT. «On n’a pas assez de recul sur ce vaccin. Mais ceux qui se font vacciner contre la grippe saisonnière doivent aussi le faire contre la grippe A. C’est une question de logique », ajoute le Dr Patrick Bastien, président régional du syndicat MG (médecins généralistes) France.


Pas d’inquiétude

Le Dr Catherine Delamare, virologue au CHR Metz-Thionville, tient à tordre le cou à toutes ces idées reçues : «Il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Les adjuvants ont déjà tous été utilisés. Le MF59 a été injecté à plus de 50 millions de doses et il n’y a pas eu d’effets secondaires majeurs. Je peux même dire qu’un vaccin avec adjuvant va mieux immuniser et protéger. On a une réponse plus forte en anticorps. » D’accord, mais pourquoi alors préconiser un vaccin sans adjuvant aux femmes enceintes ? «Dans n’importe quel protocole thérapeutique, on n’inclut pas ces populations parce qu’on n’a pas assez de données. C’est un excès de prudence. Ça ne veut pas dire pour autant que le vaccin avec adjuvant est dangereux. » Et la rapidité de fabrication du vaccin ? «On avait déjà développé des vaccins prototype contre la grippe aviaire H5N1. Tous les tests cliniques avaient été passés. Il ne restait donc plus aux chercheurs qu’à changer la souche de virus. » Et le risque d’être atteint du syndrome neurologique de Guillain-Barré ? «Franchement, c’est basé sur rien. Le risque est d’un cas pour un million de vaccinés, alors que la fréquence normale de Guillain-Barré est de 2,8 cas pour 100 000 habitants. » Et les effets secondaires ? «On sait qu’il y aura de 5 à 25 % d’effets locaux (douleurs, œdèmes, érythèmes). Et peut-être 20 à 40 % de malaises, céphalées, myalgies. » Aujourd’hui, les professionnels lorrains se verront injecter un vaccin avec adjuvant, le Pandemrix de GlaxoSmithKline (GSK). Celui sans adjuvant n’est pas encore arrivé.

Philippe MARQUE.
Publié le 22/10/2009 (Région)