Les salariés de Sécofab veulent leur part du gâteau

Publié le 24/05/2012
Hier matin, les représentants syndicaux ont proposé de reprendre les négociations sur la base d'un minimum de 2.5 %. La direction a refusé.
Les salariés de Sécofab veulent leur part du gâteau
Les salariés de Sécofab veulent leur part du gâteau
Hier matin, les représentants syndicaux ont proposé de reprendre les négociations sur la base d'un minimum de 2.5 %. La direction a refusé.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 24 Mai 2012 / SRG /

 
A Sarralbe, les employés de Sécofab étaient toujours en grève hier. Ils réclament 3 % d'augmentation générale de leurs salaires. Mais la direction de Sotralentz, l'actionnaire à Drulingen campe sur sa position.

La direction nous a dit que si on n'arrêtait pas la grève, elle nous enlevait notre prime d'intéressement. Si elle appelle cela une négociation... On ne peut pas accepter ce chantage. » Les salariés de Sécofab, une entreprise qui fabrique des pièces métalliques de gros gabarits, sont toujours en colère. Ils ont encore fait le pied de grue devant l'usine de Sarralbe, hier. Seuls les intérimaires et les encadrants étaient à la tâche, a confirmé la direction. Aucune pièce n'est sortie des immenses entrepôts situés à Rech.

Un million d'eurosà distribuer

La raison ? Des négociations salariales houleuses. Les employés réclament une augmentation générale de leurs salaires de 3 % et de 0,5 % en individuel. « La direction nous donne 1,4 %, c'est même pas l'inflation de 2,3 %, s'insurge Frédéric Schlesser, délégué syndical CFDT. La direction a de l'argent. Elle se fout de notre g... Avec 42 ans d'ancienneté, un soudeur gagne 10,70 EUR bruts de l'heure. Avec 28 ans d'ancienneté, un chaudronnier gagne 9,85 EUR de l'heure. On n'a pas des salaires de ministre, contrairement à ce que dit la direction ! »

Longtemps dans le rouge, Sécofab a retrouvé des couleurs depuis son rachat par le groupe alsacien Sotralentz. Aujourd'hui, les salariés réclament leur part du gâteau. « Pendant les trois premières années, continue Frédéric Schlesser, on a tout fait pour remonter la pente. Nos collègues de Sfar et Civad à Montchanin (deux entreprises que vient de racheter Sotralentz en Bourgogne) sont solidaires. Ils ont annulé les négociations annuelles obligatoires qui devraient commencer ce jeudi. »

A Drulingen, en proche Alsace, la direction campe aussi sur sa position, même si le chiffre d'affaires est en augmentation. « Tant que le mouvement de grève n'est pas terminé, les négociations ne peuvent pas reprendre, affirme Mélanie Bard, directrice de la communication. S'il n'y a pas de discussion, il ne peut pas y avoir d'accord. Nous avons une enveloppe globale d'1 million d'euros à redistribuer dans tous les sites de Sotralentz. Les revendications ont été chiffrées entre 3 et 5 millions d'euros. Nous n'avons qu'un million d'euros, nous ne pouvons pas faire d'effort supplémentaire. »

Tropd'intérimaires ?

La CFE-CGC dénonce aussi la politique générale de l'emploi de cette entreprise. « Il est inadmissible, peste Gilles Hemmerling, président de la CFE-CGC Métallurgie Lorraine, que pour 170 salariés permanents avec un absentéisme qui tourne autour de 5 %, il y ait continuellement 70 intérimaires exploités et jetés à volonté. Il faut des embauches en CDI. » Une situation qui ne convenait pas non plus à Jacques Ducaruge, directeur général de Sotralentz. Le hic, disait-il, est que les candidats ne se bousculent pas au portillon.

« Cela ne m'étonne pas, avec des propositions salariales comme celles-ci. A Montchanin, un soudeur gagne 2 EUR de plus à l'heure que nous », s'étonne Frédéric Schlesser. « Au moment du rachat, rappelle Mélanie Bard, l es 150 emplois ont été sauvegardés. Une trentaine d'embauches en CDI ont été effectuées. Les employés en CDD sont titularisés progressivement, pour qu'ils soient bien intégrés et formés. Les embauches s'étalent encore depuis le début de l'année. »

Le maire de Sarralbe, Pierre-Jean Didiot, a aussi rencontré les salariés hier en début d'après-midi, pour leur demander de ne pas gêner les élèves qui vont en classe ce matin. « Il y a quelques années, rappelle l'élu, Sécofab était au bord du dépôt de bilan. Nous avons travaillé pour qu'un avenir soit donné à ce site. L'actionnaire a massivement investi dans de nouvelles machines, cherché des clients, retrouvé une dynamique. » Les salariés restent sur le pied de guerre.