Les sidérurgistes à la soupe populaire

Publié le 24/09/2011
Une distribution de soupe populaire pour symbole. Les sidérurgistes de la vallée de la Fensch ont joué le jeu, hier, à Florange. Leur manifestation a cette fois pris davantage de corps, avec près de cinq cents participants.
Les sidérurgistes à la soupe populaire
Les sidérurgistes à la soupe populaire
Une distribution de soupe populaire pour symbole. Les sidérurgistes de la vallée de la Fensch ont joué le jeu, hier, à Florange. Leur manifestation a cette fois pris davantage de corps, avec près de cinq cents participants.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 24 Septembre 2011 / Région
 
Après les annonces de mise au repos forcé des installations, les sidérurgistes de la Fensch sont entrés en résistance. Photo Pierre HECKLER 

La salve a été sévère, il y a quinze jours. Comme une gifle soudaine en pleine figure au moment où l'on ne s'y attend pas. Mais voilà : passé le temps de l'abattement, les sidérurgistes de la vallée de la Fensch semblent afficher un regain de combativité à la hauteur des restrictions que va leur imposer ArcelorMittal jusqu'à la fin de l'année. Soit, la mise en sommeil de l'ensemble de la filière liquide, depuis l'agglomération de Rombas à l'aciérie de Serémange, en passant par les hauts fourneaux de Hayange.

Hier en tout cas, ils sont venus nettement plus nombreux - environ quatre cent cinquante - manifester leur « rage » et leurs craintes alors que le chômage partiel attend des centaines d'entre eux à compter du 3 octobre.

Les salariés attendent des actes

Du chômage partiel qui, même s'il sera indemnisé, rimera « encore » avec coup de rabot sur les rémunérations. « En 2008, on avait compris. Mais là, ça commence à peser », assurent les plus jeunes des sidérurgistes dont les salaires ne sont pas exorbitants.

Sur le fond, les données du problème n'ont pas évolué depuis l'annonce faite par le groupe. D'un côté, une entreprise qui assure qu'elle n'a pas d'autre choix que de réduire la production dans un contexte chahuté. De l'autre, des salariés redoutant que la parenthèse temporaire ne préfigure le pire des scénarios. Une lueur d'espoir est arrivée toutefois mercredi soir, quand le préfet de Région a assuré aux représentants syndicaux que la demande de chômage partiel devra être assortie d'engagements détaillés et chiffrés sur le programme de maintenance des outils industriels de l'entreprise.

Sur la forme, la manifestation d'hier a pris des airs de répétition générale d'une lutte « qui ne fait que commencer » comme n'a cessé de le marteler un Édouard Martin (CFDT) survolté comme jamais. Dans le cortège, les élus socialistes de la Vallée étaient spontanément en bonne place. D'autres se sont ajoutés, écharpe en bandoulière, comme la députée UMP de la circonscription voisine, Anne Grommerch. Une présence qui n'a pas empêché les représentants syndicaux d'écorner la politique de Nicolas Sarkozy. Et de renvoyer le président de la République à ses promesses. Quoique, « les promesses, la Lorraine en a eu des wagons. Ce qu'il nous faut aujourd'hui, ce sont des actes », a ajouté le conseiller général et maire de Florange, Philippe Tarillon.

Avant de replier drapeaux et porte-voix, les syndicats ont invité les manifestants à venir partager une soupe populaire. Un « clin d'oeil diabolique », comme pour exorciser un hypothétique mauvais sort.

C. F.