Les syndicats de Behr (re)montent au créneau

Publié le 18/02/2011
Les esprits s'échauffent à nouveau chez Behr. Après le mouvement de grève de novembre, les syndicats, unis, estiment que rien n'a changé. Ils dénoncent un « danger grave et imminent ».
Les syndicats de Behr (re)montent au créneau
Les syndicats de Behr (re)montent au créneau
Les esprits s'échauffent à nouveau chez Behr. Après le mouvement de grève de novembre, les syndicats, unis, estiment que rien n'a changé. Ils dénoncent un « danger grave et imminent ».

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 18 Février 2011 / SRG + FOR

 

En novembre dernier, une partie des salariés était en grève. « On ne nous a pas écoutés. La prochaine fois, nous irons plus loin. » Photo archives RL

En novembre, une partie des salariés de Behr, à Hambach, avait organisé un mouvement de grève pour protester contre les conditions de travail et réclamer une hausse de salaire. Ils avaient tenu jusqu'à l'intervention d'Henry Baumert, directeur général de Behr France, qui avait permis de débloquer la situation. Des promesses avaient été faites, mais pour les syndicats (CGT, CFDT et FO), elles n'ont pas été tenues. Les choses se seraient même dégradées...
Production en hausse de 40 %

Pourtant, le comité de suivi annoncé a bien été mis en place, mais les mesures à prendre semblent être bloquées par la direction. Quant à l'augmentation de salaire obtenue de haute lutte (40 EUR), elle ne satisfait pas les organisations syndicales. Le problème, c'est la forme. Chaque salarié a reçu une lettre indiquant que 'sur proposition du responsable', la direction accorde une revalorisation du salaire horaire. « Si c'est le cas, où sont les 40 EUR que nous avions négociés ? » Et ils y tiennent. Ils évoquent également « des pressions constantes de la direction », et parlent même de « harcèlement ».

Le principal problème, c'est le manque de personnel. « En quelques années, l'usine a 'perdu' la moitié de ses salariés, sans aucun plan social... », explique Coskun Erdogan (CGT). « Les salariés sont partis avec moins que le minimum légal. » Ils sont actuellement 487, mais la charge n'a pas baissé dans les mêmes proportions, le site enregistrant même une hausse de 40 % de la production, signe que l'entreprise se porte bien. « Certains salariés sont obligés de travailler sur deux ou trois postes de travail », lance Thierry Riff (CFDT). « Quand on réclame des embauches ou le recours aux intérimaires, on nous dit que nous sommes déjà trop nombreux et que des effectifs en plus entraîneraient la fermeture de l'usine. »

Les conséquences directes de cette surcharge sont une hausse des arrêts de travail. « Les salariés n'en peuvent plus. Les troubles musculo-squelettiques ont flambé. », confie Coskun Erdogan. « Avant, lorsque les gens étaient en arrêt maladie, ils devaient prendre des congés ou venir sur site et être payés à ne rien faire. » Mais avec les périodes de chômage partiel, il n'y a plus de reliquat de congés... Les syndicats parlent de « danger grave et imminent » pour la santé « physique » des salariés. « La situation est pire qu'en novembre, assure Thierry Riff. La soupape est prête à sauter et cette fois-ci, on ira plus loin qu'en novembre. » Les syndicats estiment qu'un nouveau mouvement serait plus suivi que le premier. « Il ne faut pas que les collègues aient peur. Il faut que nous restions unis. » Le ton monte et traduit un ras-le-bol. « On a l'impression que l'on veut casser du salarié, que l'on veut se débarrasser d'eux un par un. » Ils ne veulent plus l'accepter. « Nous ne signerons plus aucun accord. » Peut-être attendent-ils une nouvelle intervention de Rouffach ? « Pour l'instant, c'est silence radio. » Comme du côté de la direction de Behr Lorraine, qui n'a pas souhaité faire de commentaire.

Michel LEVILLAIN.